Libye : Fayez al-Sarraj et Khalifa Haftar en Égypte pour négocier un accord de sortie de crise

Par Jeune Afrique avec AFP

Le chef du gouvernement libyen d'union nationale, Fayez al-Sarraj lors d'une conférence de presse, à Sikhrat, au Maroc, le 17 décembre 2015. © Abdeljalil Bounhar/AP/SIPA

Le chef du gouvernement d'union (GNA) Fayez al-Sarraj et le maréchal Khalifa Haftar se trouvaient mardi au Caire pour tenter d'entamer des négociations directes afin de résoudre la crise en Libye. Des négociations indirectes auraient déjà débuté.

Les deux hommes-clés de la crise libyenne, qui se sont rencontrés une première fois en janvier 2016, devaient se retrouver dans l’après-midi, selon un responsable gouvernemental qui s’est exprimé sous le couvert de l’anonymat.

Celui-ci a précisé que les discussions étaient organisées par l’Égypte mais il n’était pas en mesure de donner plus de détails sur la teneur des entretiens et sur les possibilités d’accord.

Mais  une source proche du maréchal Khalifa Haftar a toutefois précisé un peu plus tard que celui-ci refusait jusqu’ici de rencontrer Fayez al-Sarraj, le chef du GNA, exigeant d’abord des « garanties pour qu’un possible accord ne soit pas rejeté par l’Ouest ». Une allusion aux puissants groupes armés de Misrata.

Selon la même source, des négociations indirectes ont lieu pour l’instant « via un médiateur égyptien » au Caire.

Des « amendements » à l’accord interlibyen ?

Homme fort de l’Est libyen, soutenu par l’Égypte, Khalifa Haftar est appuyé par le Parlement élu basé à Tobrouk, hostile comme lui à l’exécutif de Fayez al-Sarraj. Ce dernier est quant à lui appuyé par la communauté internationale, et notamment les Nations unies, depuis l’accord interlibyen signé fin 2015 au Maroc.

Cet accord ne prévoyait aucun rôle pour Khalifa Haftar, dont les forces contrôlent une grande partie de l’Est libyen. Mais le maréchal s’est imposé comme interlocuteur incontournable après s’être emparé des principaux terminaux pétroliers dans l’Est. De son côté, le GNA est toujours incapable d’asseoir son autorité depuis son entrée en fonction en mars 2016.

Pour éviter l’échec de l’accord politique interlibyen, des discussions sont entreprises sur de « possibles amendements » au texte, en particulier concernant le rôle futur du maréchal, avait annoncé la semaine dernière le médiateur des Nations unies Martin Kobler.