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RDC : huit blessés dans des affrontements entre des policiers et la secte Bundu Dia Kongo à Kinshasa

Par Jeune Afrique avec AFP

Opération de police en RDC en septembre 2016. © John Bompengo/AP/SIPA

Huit personnes soupçonnées d'appartenir à la secte politico-religieuse violente de Ne Muanda Nsemi ont été blessées lors de heurts avec les forces de l'ordre à Kinshasa, selon un "bilan partiel" communiqué à la presse mardi par la police congolaise.

Selon un journaliste de l’AFP, plusieurs dizaines de policiers anti-émeute armés de kalachnikovs ont donné l’assaut lundi soir dans le centre de la capitale contre une résidence soupçonnée d’abriter des hommes du groupe sécessionniste Bundu Dia Kongo (BDK).

Dans la soirée, des tirs d’armes automatiques ont été entendus dans un autre quartier et, mardi matin, des tirs nourris ont retenti autour de la résidence de Ne Muanda Nsemi, le gourou de la secte, dont les abords avaient été bouclés, selon des riverains.

D’ores et déjà, « 22 personnes ont été interpellées dont huit blessés graves », a indiqué à la presse le colonel Pierre Rombaut Mwanamputu, porte-parole de la police nationale congolaise, dans un message électronique.

Une autre personne a été blessée, deux voitures particulières ont été incendiées par les hommes de BDK, et six fusils-mitrailleurs saisis par les forces de l’ordre, a ajouté l’officier.

Cavale

Député national, Ne Muanda Nsemi se cacherait aujourd’hui au Kongo-Central, sa province d’origine, dans l’ouest de la RDC.

Dans des vidéos publiées récemment sur internet, il a appelé à l’insurrection contre le pouvoir du président Joseph Kabila, dont il conteste ouvertement la nationalité congolaise sur la foi d’une vieille rumeur selon laquelle le fils de Laurent-Désiré Kabila, tombeur du dictateur Mobutu en 1997, serait rwandais.

« Dans deux semaines, je vais frapper », menace-t-il dans le dernier de ces messages filmés, alors que ses adeptes ont été à l’origine de plusieurs attaques meurtrières depuis janvier au Kongo-central.

Connivence avec Kabila

Bundu Dia Kongo (« Royaume du Congo » en kikongo) prône la restauration du royaume Kongo, qui a connu son apogée au XVIe siècle et dont l’autorité s’étendait sur l’actuel Kongo-central et des territoires aujourd’hui en Angola, au Congo-Brazzaville et au Gabon.

En 2008, la secte avait été réprimée au cours d’une violente opération militaire après avoir mené une série d’attaques armées contre des agents de l’État et appelé la population locale à chasser de la province les « non-originaires ».

Jamais arrêté, Ne Muanda Nsemi a amorcé un rapprochement avec Joseph Kabila à partir de la fin 2015. Il a fait brutalement volte-face dans un climat de tensions politiques liées au maintien au pouvoir du chef de l’État au-delà du terme de son mandat, échu depuis le 20 décembre 2016.