Libye : le gouvernement d’union condamne la Garde nationale récemment créée par une coalition de milices

Par Jeune Afrique avec AFP

Les forces de sécurité libyennes brandissent le drapeau national dans la ville de Sabratha. © Mohamed Ben Khalifa/AP/SIPA

Le gouvernement libyen d'union (GNA) a dénoncé dimanche dans un communiqué l'annonce cette semaine à Tripoli de la formation d'une coalition de groupes armés baptisée "Garde nationale", y voyant une tentative de créer "un organe de sécurité parallèle".

Il y a de cela quelques jours, des groupes armés venus essentiellement de la ville de Misrata (ouest) ont annoncé la création d’une « Garde nationale libyenne » qui aurait pour mission selon eux, de combattre le groupe État islamique, de sécuriser les institutions de l’État, les missions diplomatiques et les ressortissants étrangers.

Sauf qu’après cette annonce, une question survient : cette « Garde nationale » appuiera-t-elle ou non le GNA, seul exécutif reconnu et soutenu par l’ONU et les pays occidentaux ? Aucune précision n’a été apportée à ce sujet.

« Un risque de déstabiliser davantage la sécurité déjà fragile »

« Nous soulignons que ce groupe et ceux qui l’appuient sont considérés comme hors-la-loi et n’ont aucun statut. Et ils vont être traités de la sorte par les organes sécuritaires et judiciaires », a prévenu le GNA dans son communiqué.

Le gouvernement voit dans l’annonce de la nouvelle coalition une « tentative de former un corps parallèle à la garde présidentielle ».

Il y voit aussi une tentative « de faire entrer la capitale dans un conflit armé sanguinaire ».

Face à cette situation, les États-Unis avaient exprimé vendredi leur « inquiétude » après l’entrée de ces groupes à Tripoli, y voyant un « risque de déstabiliser davantage la sécurité déjà fragile » dans la capitale, selon un communiqué du département d’État.

Des milices en pagaille

Selon des sources locales, plusieurs des milices qui la composent seraient loyales à Khalifa Ghweil, un ancien dirigeant qui avait autoproclamé en 2014 à Tripoli un « gouvernement de salut national » et n’avait ensuite pas voulu reconnaître le GNA quand ce dernier s’était installé dans la capitale en 2016.

Si elle est confirmée, la formation d’une telle coalition de groupes armés hostiles au GNA pourrait affaiblir encore plus cet exécutif qui n’arrive toujours pas à asseoir son autorité dans l’ensemble du pays, ni même dans la capitale. Celui-ci fait face notamment à l’hostilité d’une autorité rivale basée dans l’est du pays et qui refuse de le reconnaître.

Depuis la chute du régime de Mouammar Kadhafi en 2011, la Libye et en particulier la capitale Tripoli sont sous la coupe de dizaines de milices dont les allégeances et les zones de contrôle sont mouvantes.