Football : quels pays africains comptent le plus d’expatriés dans les grands championnats européens ?

Kolo et Yaya Touré ont tous deux débuté à l'Asec d'Abidjan, avant de rejoindre l'Europe. © AFP

Les footballeurs africains sont nombreux à tenter leur chance en Europe. Mais combien parviennent à intégrer un club professionnel d'un des cinq grands championnats du vieux continent ? "Jeune Afrique" fait le point sur les expatriés, pays par pays.

Ce n’est pas nouveau : le rêve de tout footballeur affricain est bien souvent d’atteindre l’Europe. Et en particulier l’un de ses grands championnats que sont la Ligue 1 (France), la Liga (Espagne), la Bundesliga (Allemagne), la Série A (Italie) et la Premiere League (Angleterre). Pourtant, peu y parviennent.

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Dans une récente étude publiée par l’Observatoire du football du Centre international d’étude du sport (CIES), des spécialistes ont ainsi examiné l’origine des footballeurs expatriés* dans les clubs professionels de ces cinq compétitions. Et le continent africain est loin d’être le plus représenté.

*Est considéré comme expatrié un joueur qui n’a pas commencé à jouer au football dans le pays du club employeur.

C’est en effet la France qui exporte le plus de joueurs professionnels formés sur ses terrains, avec 113 expatriés évoluant dans le BIG 5. Suivent, logiquement, l’Argentine et le Brésil (112 chacun) et l’Espagne, bien que loin derrière (58). Les Africains se situent plus loin au classement, au delà de la dixième place, avec le Sénégal (12e avec 24 joueurs) et la Côte d’Ivoire (14e, comme l’Allemagne, avec 20 expatriés).

 

 

24 ivoiriens dans le "Big 5"

Depuis la saison 2009-2010, ce sont les Ivoiriens qui sont particulièrement représentés dans les grands championnats européens, n’étant dépassés que par le contingent sénégalais en 2012-2013. Lors de la dernière saison, pas moins de 24 joueurs avaient débuté leur carrière en Côte d’Ivoire. On distinguera notamment Kolo Touré, Bakary Koné, Yaya Touré ou encore Salomon Kalou, récemment transféré au Hertha Berlin, en Allemagne.

Les Camerounais, de leur côté, subissent une petite baisse de régime. Ils n’étaient, en 2013-2014, que quatorze, contre 22 quatre saisons plus tôt.

 

 

Sénégalais et Ivoiriens bien en place en Ligue 1

En France, ce sont les Sénégalais, Ivoiriens, Maliens et Camerounais qui ont les faveurs des clubs de Ligue 1. À eux quatre, ces communautés comptent plus de représentants que la totalité des autres pays du continent africain. On notera également le succès des Ghanéens, qui comptent quatre expatriés en France mais surtout 10 joueurs qui évoluent désormais dans pas moins de huit clubs en Italie. De là à y voir un effet Mario Balotelli, de nationalité italienne mais d’ogirine ghanéenne, chez les entraîneurs de Série A…

 

 

Où est le Maghreb ?

Il pourrait paraître étonnant de ne pas voir de chiffres plus élevés en ce qui concerne le Maghreb. La raison est à chercher du côté la méthodologie de l’étude. En effet, est considéré comme expatrié un joueur qui n’a pas commencé à jouer au football dans le pays du club employeur.

Sofiane Feghouli est ainsi considéré comme expatrié français alors qu’il joue avec la sélection algérienne. Né en France, il a débuté sa carrière au club parisien du Red Star. Même chose pour Youssef El Arabi, international marocain né à Caen, où il a signé son premier contrat professionnel.

Exit Feghouli ou Drogba, qui ont débuté leur carrière en Europe.

Du côté de l’Afrique subsaharienne, on relèvera également le cas de Didier Drogba, de nationalité ivoirienne, mais également considéré comme expatrié français dans l’étude : à 5 ans, il a quitté la Côte d’Ivoire pour la France, une migration qui n’était alors pas liée au football. C’est dans l’Hexagone que Drogba a commencé à jouer au football.

En prenant en compte les double-nationalités et le contexte de la diaspora africaine, en particulier en France et en Angleterre, il y a fort donc à parier que le continent africain mériterait de figurer plus haut dans ce classement des expatriés du BIG 5.

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Par Mathieu OLIVIER

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