Maroc : le PJD s’apprête à tenir son conseil national sur fond de blocage gouvernemental

Abdelilah Benkirane, chef du PJD, vainqueur des élections du 7 octobre 2016. © Paul Schemm/AP/SIPA

Deux sujets sont à l'ordre du jour : sortir les tractations gouvernementales de l'impasse et préparer la succession de Abdelilah Benkirane.

C’est à Bouznika, une station balnéaire située à 40 km au sud de Rabat, que les islamistes du Parti justice et développement (PJD) se sont donnés rendez-vous les 11 et 12 février pour la tenue de leur Conseil national. 

Cette instance aurait dû se réunir le 27 janvier, mais elle a été repoussé en raison de la mise en place des instances du Parlement, décrétées en urgence par le roi du Maroc pour permettre l’adoption de l’acte constitutif de l’Union africaine (UA). Le Parlement marocain ne pouvait pas fonctionner tant que Benkirane n’avait pas formé sa majorité.

Or, cela fait quatre mois − depuis sa nomination en tant que chef de l’exécutif −, qu’il n’y parvient pas. Le blocage gouvernemental sera le sujet phare de cette réunion, qui tentera de dégager des sorties de crise. 

Benkirane reconduit ? 

Le deuxième sujet à l’ordre du jour est l’élection des membres de la commission préparatoire du prochain Congrès, où Benkirane est appelé à céder sa place.

Après deux mandats successifs, le chef islamiste n’a plus le droit de se représenter selon les statuts du parti. Son deuxième mandat a expiré en juillet, mais a été prolongé d’un an à titre exceptionnel pour lui permettre de mener la bataille des législatives.

« Maintenant que nous avons remporté ce scrutin [le PJD est arrivé premier, ndlr], nous ne pouvons plus attendre la formation du gouvernement qui semble s’éterniser. Le parti a des urgences internes à gérer », explique un membre du PJD. 

Amender les statuts du parti

Même si les frères affirment « qu’ils n’ont pas la tête encore à réfléchir à la succession de Benkirane » et que « le sujet n’est même abordé », deux voix se font entendre.

La logique voudrait qu’il continue à diriger le parti.

La première prône le strict respect de la démocratie interne en soutenant que le secrétaire général doit passer le relais. La deuxième est pour la reconduction de ce dernier pour un troisième mandat, dans la mesure où il a été nommé chef du gouvernement par le roi et que « la logique voudrait qu’il continue à diriger le parti », comme l’explique un ancien parlementaire.

Une manière pour les islamistes de témoigner leur solidarité à leur chef qui peine à s’imposer face au Rassemblement national des indépendants (RNI) et son numéro 1, Aziz Akhannouch, réputé proche du Palais.

Mais pour que Benkirane soit reconduit, il faudra amender les statuts du parti. Les islamistes franchiront-ils ce pas ? 

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