Côte d’Ivoire : sur fond de chute des cours, le Conseil Café-Cacao réaffirme le prix garanti aux producteurs

Reportage en Côté d'Ivoire : image d'archive représentant des producteurs de cacao triant les fèves. © Nabil ZORKOT pour les Éditions du Jaguar

La directrice du Conseil Café-Cacao, gendarme de la puissante filière ivoirienne, a démenti dans une interview télévisée les rumeurs faisant état d’une baisse des prix payés au producteur et s’est montrée rassurante sur la capacité financière du Conseil.

Interrogée jeudi 2 février par la Radiodiffusion télévision ivoirienne (RTI), Massandje Touré-Litsé a affirmé, contrairement à des “rumeurs infondées”, que le faible cours du cacao sur le marché mondial (-25% en quatre mois) n’avait aucun impact sur le prix de 1100 francs CFA (1,70 euros) par kilo garanti aux producteurs depuis le début de la campagne, le 1er octobre dernier.

“Il n’y a aucune raison d’imaginer qu’on puisse baisser le prix en cours de campagne puisque la campagne est vendue par anticipation”, a déclaré sur la RTI la directrice générale, ajoutant que le prix annoncé serait bien payé jusqu’au 31 mars, date à laquelle s’achève la récolte principale.

Environ 80% d’une campagne (1,5 million de tonnes l’année dernière) est vendue par anticipation au cours de l’année précédente, via un système d’enchères.

Certains opérateurs privés de cacao

La directrice du CCC a par ailleurs justifié l’engorgement des zones de stockage, notamment à San Pedro, premier port d’exportation du cacao, par la conjonction de deux facteurs : une production en hausse (+110 000 tonnes par rapport à la même époque l’année dernière) et l’exclusion d’un certains nombre d’opérateurs “défaillants”.

Ces derniers s’étaient engagés sur des contrats d’achat de cacao qu’ils n’ont pas honorés. “Ces opérateurs ayant fait défaut, nous avons été obligés de replacer ces contrats (sur le marché), a ajouté Massandje Touré-Litsé, sans préciser le volume total représenté par ces contrats. “Ces personnes-là ne peuvent plus acheter de cacao.”

En outre, la directrice a rappelé que le CCC était en mesure de soutenir financièrement la filière si les cours restaient déprimés, notamment à travers le fonds de réserve. Depuis la réforme du secteur en 2012, les cours élevés ont permis “d’alimenter régulièrement ” ce fonds qui, selon les estimations, attendrait aujourd’hui 120 milliards de francs CFA (environ 183 millions d’euros), placés sous séquestre à la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (BCEAO).

Interrogée sur le fait de savoir si une partie des fonds avait déjà été utilisée, Massandje Touré-Litsé a répondu par la négative, insistant sur le fait qu’il n’y avait par ailleurs « aucun problème de ressources pour faire face (à la chute des cours) ».