Soudan : Omar el-Béchir hausse le ton avec l’Égypte à propos d’un vieux litige territorial

Par Jeune Afrique avec AFP

Omar el-Béchir, le président soudanais, à Johannesburg, le 14 juin 2015. © Shiraaz Mohamed/AP/SIPA

Le ton se durcit entre Khartoum et Le Caire, à propos d’un contentieux territorial sur le triangle de Halaïb. Lors d’un entretien télévisé diffusé dimanche, le président soudanais Omar el-Béchir a menacé de porter l’affaire devant l’ONU et a accusé l’Égypte de soutenir des opposants soudanais.

« Halaïb est soudanais et nous ne ferons pas de concessions » au sujet de ce territoire de 20 000 km2 situé sur la mer Rouge et administré par l’Égypte, a déclaré Omar el-Béchir sur la chaîne de télévision saoudienne Al-Arabiya. Khartoum portera l’affaire devant « le Conseil de sécurité de l’ONU » si l’Égypte « refuse (un règlement) par la négociation », a ajouté l’homme qui dirige le Soudan d’une main de fer depuis plus de 25 ans.

« D’excellentes relations » avec al-Sissi

La dispute au sujet du triangle de Halaïb avait resurgi en 1991 après une détérioration des relations entre Khartoum et Le Caire, qui accusait alors le gouvernement islamiste soudanais de soutenir des intégristes égyptiens armés. Depuis, ce territoire a été le théâtre de violents accrochages entre les deux pays.

Le président soudanais a affirmé entretenir « d’excellentes relations » avec le président égyptien Abdel Fattah al-Sissi, mais pas avec son régime qu’il accuse d’accueillir « des opposants soudanais, soutenus par les services de renseignement égyptiens ». Il a par ailleurs affirmé que le Soudan n’offrait pas l’asile à des dirigeants égyptiens de la confrérie des Frères musulmans, ennemi juré du président Sissi.

La question du terrorisme « réglée à 100 %

Au sujet du récent allègement des sanctions économiques américaines contre son pays, le chef de l’État soudanais a indiqué qu’il existait entre son pays et les États-Unis « une feuille de route en cinq points, dont celui du terrorisme qui a été réglé à 100% de l’aveu des Américains ». Il a dit attendre « une décision du Congrès américain » pour que le Soudan soit retiré « de la liste des pays soutenant le terrorisme ».

À la mi-janvier, l’ex-président américain Barack Obama avait justifié la levée de certaines sanctions économiques contre le Soudan en parlant d’avancées « positives » de Khartoum, en particulier au sujet de sa coopération pour « répondre aux conflits régionaux et à la menace du terrorisme ». Depuis 1997, le Soudan est soumis à un embargo commercial pour son soutien présumé à des groupes islamistes radicaux. Le chef et fondateur d’al-Qaïda Oussama ben Laden avait établi ses quartiers à Khartoum entre 1992 et 1996.

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