Maroc : le royaume ne reconnaîtra jamais la RASD, rappelle le gouvernement

Par Jeune Afrique avec AFP

Sommet de l'Union africaine à Addis Abeba, le 30 février 2015. © Elias Asmare/AP/SIPA

Une semaine après son retour au sein de l'Union africaine, le royaume a affirmé qu'il redoublerait d'efforts pour affaiblir les soutiens de la République sahraouie au sein de l'organisation panafricaine. Pour le moment, il est obligé de cohabiter avec elle. Mais cohabitation ne veut pas dire reconnaissance.

Le Maroc, qui vient de faire son retour dans l’Union africaine (UA), ne « reconnaîtra jamais » la République arabe sahraouie démocratique (RASD), a déclaré à la presse le ministre marocain délégué aux Affaires étrangères, Nasser Bourita.

« Non seulement le Maroc ne reconnaît pas – et ne reconnaîtra jamais – cette entité fantoche mais il redoublera d’efforts pour que la petite minorité de pays, notamment africains, qui la reconnaissent encore, fassent évoluer leur position dans le sens de la légalité internationale et des réalités géopolitiques », a affirmé Nasser Bourita dans un entretien, dimanche 5 février, avec le site d’info en ligne Le Desk.

Le retour du Maroc au sein de l’UA « ne changera rien dans nos positions immuables concernant la marocanité du Sahara » occidental, a souligné Bourita, cheville ouvrière de la diplomatie marocaine.

Le clan du refus

Le Maroc a réintégré l’UA, lundi 30 janvier, à Addis Abeba où 39 chefs d’État africains sur 54 se sont prononcés en faveur de ce retour. Ce sommet a donné lieu à une intense bataille diplomatique, les principaux soutiens du Polisario – Algérie et Afrique du Sud en tête – ayant tenté de s’opposer à la réintégration du Maroc.

Suite à ce sommet, le Polisario a affirmé que le retour du Maroc au sein de l’UA vaut une reconnaissance des frontières de la RASD. Les dirigeants de ce Front espèrent une relance des négociations pour résoudre le conflit sur le Sahara occidental mais prévient que « toutes les options restent ouvertes », faisant allusion, sans prononcer le terme, à une éventuelle reprise de la lutte armée.

« Il s’agit d’un non sens du point de vue du droit international et de la pratique des États », a rétorqué Bourita selon lequel la reconnaissance d’un pays « est un acte libre, éminemment souverain » de la part d’un État.

Niet à la reconnaissance

« Le fait pour un État de siéger dans une enceinte internationale en présence d’une entité non reconnue, ne peut impliquer une reconnaissance par lui de cette entité », explique-t-il.

« Ainsi, la majeure partie des pays arabes », ou encore l’Iran, qui siègent à l’ONU en présence d’Israël « ne reconnaissent pas » l’État hébreu. « Est-ce que l’Algérie reconnaît Israël du seul fait qu’elle siège à l’ONU à ses côtés ? », souligne Bourita.

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