Mozambique : les négociations de paix doivent reprendre sans médiateurs internationaux

Par Jeune Afrique avec AFP

Filipe Nyusi en septembre 2016. © Julie Jacobson/AP/SIPA

Une nouvelle phase de négociations doit s'ouvrir au Mozambique pour résoudre le conflit qui oppose le gouvernement et l'opposition, sans la supervision des médiateurs internationaux, a annoncé le président Filipe Nyusi.

« J’ai adressé des lettres à tous les médiateurs internationaux qui ont participé au processus de paix. Le peuple mozambicain est véritablement reconnaissant et apprécie leurs efforts, qui ont permis de rapprocher les positions du gouvernement et de la Renamo », a-t-il indiqué devant la presse ce vendredi 03 février.

Les médiateurs en question − six organisations internationales dont l’Union européenne (UE) − encadraient les discussions dans la capitale mozambicaine depuis juillet 2016. C’est en marge des commémorations du jour des héros mozambicains ayant œuvré contre l’apartheid, le chef d’État a assuré qu’une nouvelle étape du processus de paix allait être initiée.

Trève militaire

En ce sens, deux groupes de travail doivent être mis en place, en accord avec Afonso Dhlakama, le chef du principal parti d’opposition, la Renamo, pour poursuivre les discussions de paix, d’après Filipe Nyusi. L’un doit se pencher sur les questions militaires, l’autre sur la décentralisation.

La Renamo, l’ancienne rébellion de la guerre civile mozambicaine (1976-1992), a repris les armes en 2013 pour contester la mainmise du Frelimo, parti au pouvoir depuis l’indépendance du pays en 1975. Après les violences et le blocage politique qui ont suivi les résultats contestés de la présidentielle et des législatives de 2014 remportées par le Frelimo, le calme semble aujourd’hui être revenu du côté de Maputo.

Le 27 décembre, Afonso Dhlakama avait déjà annoncé une trêve militaire unilatérale jusqu’au 4 mars. Trêve en partie violée par les forces gouvernementales la semaine dernière, selon lui.