Fermer

Centrafrique : une ville attaquée et pillée par un groupe armé dans le nord-ouest du pays

Par Jeune Afrique avec AFP

Des soldats de la Minusca en train de patrouiller dans les rues de Bangui. © Andrew Medichini/AP/SIPA

Des éléments présumés du groupe "3R" (réconciliation-réintégration-réparation), dirigé par le chef rebelle Sidicki, ont attaqué et pillé jeudi matin la ville de Bocaranga, située près des frontières avec le Cameroun et le Tchad, a annoncé à l'AFP Bernard Dilla, député de Bocaranga.

« On ne connaît pas le bilan de cette attaque. Mais ces hommes sans foi ni loi ont indubitablement fait des victimes parmi les civils », a affirmé le député, qui évoque la fuite d’une cinquantaine de personnes vers la base de la Mission des Nations unies pour la Centrafrique (Minusca).

Au moins cinquante civils tués

« Les hommes de Sidicki ont pillé des maisons de commerce, notamment des magasins et kiosques. Ils ont également emporté une importante somme (prise) à l’Église catholique de Bocaranga, promettant de revenir », a poursuivi le député.

Comme lors d’autres attaques dans le passé, il a déploré la passivité de la Minusca (12 000 hommes au total). « Pour le moment, la situation est sous contrôle de la force », a répondu un porte-parole de la Minusca, Vladimir Monteiro, qui a confirmé l’attaque.

Selon un autre député, Eusèbe Ngaïssé, « des éléments 3R se livrent aussi à des exécutions sommaires. Ce nouveau groupe armé, qui prétend défendre l’importante minorité peule du pays, a tué « au moins » 50 civils depuis sa création fin 2015, selon un décompte de l’ONG Human Rights Watch (HRW).

L’attaque de Bocaranga survient au lendemain d’un échange de tirs entre groupes armés anti-Balaka et ex-Séléka, dans la région de Ngakobo (centre-est). L’incident, qui a fait un mort et au moins trois blessés, a été déclenché par le meurtre d’un Peul par des hommes armés qui seraient des anti-Balaka. L’activité était paralysée jeudi dans la localité.

Une situation toujours instable

La Centrafrique peine à se relever du conflit provoqué en 2013 par le renversement de l’ex-président François Bozizé par des groupes armés Séléka prétendant défendre la minorité des 20% de musulmans parmi 4,5 millions de Centrafricains. La contre-offensive des anti-Balaka, majoritairement chrétiens, a provoqué des milliers de morts et des centaines de milliers de déplacés.

L’intervention de la France et des Nations unies a permis la fin des massacres de masse, l’élection d’un nouveau président et le retour d’un calme relatif dans la capitale Bangui.

Déjà 150 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici