Litige sur les frontières maritimes entre le Kenya et la Somalie : la Cour internationale de Justice rejette les objections de Nairobi

Un navire dans le port de Mombasa, au Kenya, le 28 avril 2009. © Sayyid Azim/AP/SIPA

C'est une première défaite pour le gouvernement kényan dans le dossier des frontières maritimes qui l'oppose à la Somalie. La Cour internationale de Justice de La Haye a rejeté jeudi les objections préliminaires du Kenya, qui considérait l'organe judiciaire de l'ONU inapte à juger ce litige relevant du droit de la mer.

Le différend porte sur une portion de l’Océan Indien située à 370 km de la côte, dans l’axe de la frontière entre le Kenya et la Somalie, censée contenir d’importantes ressources, principalement du gaz et du pétrole, et un fort potentiel pour la pêche.

Pour le Kenya, le doute n’a jamais existé, cette portion maritime lui revient puisqu’il considère que la frontière maritime suit un parallèle géographique. Au cœur de la dispute, l’attribution depuis plus de quinze ans par l’État kényan de licences d’exploitation à plusieurs compagnies pétrolières, dont la firme française Total, autorisées à explorer cette « zone grise ».

Agacée par les libertés prises par le Kenya sur cette frontière maritime contestée, la Somalie a choisi de traîner son voisin d’Afrique de l’Est devant la Cour internationale de Justice en portant plainte en août 2014.

Règlement de comptes

L’affaire a très vite pris les contours d’un règlement de comptes entre les deux pays. Mogadiscio accuse Nairobi de faire obstruction à toute possibilité de règlement depuis la signature de l’accord en 2009 qui devait leur permettre de régler l’affaire dans le cadre de la Convention des Nations unies sur le droit de la mer, au travers de l’examen des requêtes respectives par une Commission spéciale, comme précisé dans le mémorandum dudit accord.

Alors, où situer une frontière sur une portion d’océan d’environ 100 000 km² ? Vaste question sur laquelle la Cour internationale de Justice de La Haye va désormais devoir statuer.