Maroc : la justice refuse de suspendre la fermeture des écoles Gülen

L’imam turc Fethullah Gülen lors d'une rencontre avec la presse aux États-Unis, le 17 juillet 2016. © DR

C’était sans doute leur dernière chance. Le tribunal de Casablanca a opposé mardi une fin de non-recevoir au recours déposé par les parents d’élèves des écoles privées affiliées à la confrérie du prédicateur turc Fethullah Gülen.

Ces derniers réclamaient la « suspension » de la fermeture de ces établissements scolaires, qui doit être effective le 5 février. La décision avait été annoncée début janvier par le ministère marocain de l’Intérieur, qui affirmait « que les investigations sur les établissements du groupe [Al Fatih, lié à la confrérie turque de Fethullah Gülen], ont montré qu’ils utilisent le secteur de l’enseignement pour répandre l’idéologie de ce groupe et des idées contraires aux principes du système éducatif et religieux marocain ».

Un autre recours a également été déposé par les parents d’élèves, qui doit être examiné le 13 février. Mais les intéressés ne se font guère d’illusions. « On ira jusqu’au bout, on fera même appel, mais nous savons que cela a peu de chances d’aboutir, admet Bahia Ryad, membre du comité des parents d’élèves. De ce que l’on sait, les Turcs s’apprêtent déjà à revendre leurs parts à un investisseur marocain. Ils n’attendent que l’approbation des autorités. »

« Aucune alternative crédible »

Sur les sept écoles du groupe, qui compte environ 2 500 élèves répartis entre Casablanca, Tanger, Tétouan et Fès, une seule a trouvé une solution pour la rentrée scolaire prévue le 13 février. « L’académie ne nous propose aucune alternative crédible », affirme Bahia Ryad. L’école de ses enfants à Casablanca est la seule à dispenser les cours en anglais avec des enseignants étrangers. « Ils risquent de se retrouver dans un système scolaire différent au beau milieu de l’année », dénonce-t-elle.

Depuis plusieurs mois, la Turquie fait pression sur les pays où la confrérie de Fethullah Gülen est implantée. Quatre mois avant l’interdiction des écoles Gülen dans le royaume, une délégation de parlementaires turcs avait fait le déplacement dans le royaume, pour dénoncer « la dangerosité » de ce mouvement accusé d’être responsable du putsch manqué du 15 juillet contre le président Erdogan.

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