Zimbabwe : une nouvelle taxe sur les produits alimentaires pour enrayer la crise

Par Jeune Afrique avec AFP

Dans une rue de Harare, au Zombabwe, en décembre 2016. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

Une nouvelle taxe de 15% a été mise en place sur les produits alimentaires de base par le gouvernement du Zimbabwe. Objectif : renflouer ses caisses vidées par la sévère crise financière qui frappe le pays.

Cette nouvelle taxe vise notamment les pommes de terre, le riz, la margarine et la viande apprend-on dans une note du ministère des Finances relayée par l’AFP.

« Les pauvres vont avoir encore plus de mal à acheter de la viande. Les prix des marchandises de base vont forcément grimper », a déploré auprès de l’agence de presse un porte-parole du Mouvement pour le changement démocratique (MDC), Obert Gutu, avant d’ajouter que « le régime sembl[ait] éprouver un plaisir morbide à voir le peuple souffrir ».

Une mesure « anti-peuple »

Le Zimbabwe traverse une grave crise depuis une quinzaine d’années. L’économie tourne au ralenti, asphyxiée par le manque de liquidités, 90% de sa population active n’a pas d’emploi formel et le gouvernement peine à payer ses fonctionnaires.

Les manifestations sont de plus en plus fréquentes et réprimées par les forces de l’ordre. Contraints de patienter de longues heures devant les guichets des banques pour en retirer de l’argent liquide, l’opposition a dénoncé mercredi 01 février le nouvel impôt du régime, qualifié de mesure « anti-peuple ».

Billets d’obligations

Dans ce contexte pour le moins tendu, Robert Mugabe, qui dirige le pays d’une main de fer depuis 1980, a été investi fin décembre par son parti pour briguer un septième mandat à la présidentielle de 2018. Accusé par ses détracteurs d’avoir coulé l’économie du pays, le Président fêtera ce 21 février ses 93 ans.

Pour tenter de desserrer l’étau financier, le gouvernement a multiplié les initiatives. Une des dernières en date : en novembre 2016, une nouvelle monnaie a été instaurée, les « billets d’obligation » indexés sur le billet vert.

Mais cette mesure n’a pas produit d’effets spectaculaires et a fait resurgir le spectre de l’hyperinflation, qui a sévi dans le pays pendant les années 2000.