CAN 2017 : les Étalons ne sont pas là par hasard

Les Étalons du Burkina Faso à l'entraînement, le 30 janvier 2017, à Libreville, au Gabon. © Sunday Alamba/AP/SIPA

Deuxième en 2013, le Burkina Faso va tenter ce mercredi soir face à l’Egypte de se qualifier pour sa seconde finale de CAN. La présence des Étalons à ce stade n’est pourtant pas si surprenante que cela…

Bien sûr, la logique aurait voulu qu’à la place du Burkina Faso et du Cameroun, les demi-finalistes les moins attendus, l’Algérie, la Côte d’Ivoire ou la RD Congo s’incrustent dans le dernier carré. Mais le football, qui est tout sauf une science exacte, sait aussi être cohérent.

Les Étalons burkinabés ne sont pas des perdreaux de l’année, et les statistiques parlent pour eux, puisqu’ils disputent au Gabon leur cinquième phase finale consécutive. « Nous avons atteint la finale en 2013 en Afrique du Sud (0-1 face au Nigeria), et plusieurs de nos internationaux vivent au Gabon leur cinquième CAN de suite. Ils ont gagné en expérience, en maturité, mais j’estime malgré tout que notre présence en demi-finale reste une belle surprise », résume le Colonel Sita Sangaré, président de la Fédération Burkinabé de Football (FBF).

Une ossature expérimentée

Le dirigeant, qui vient d’entamer son deuxième mandat à la tête de l’instance, admet aussi que les Étalons se mettent à rêver tout haut d’un premier sacre continental. En 2012, la Zambie de Hervé Renard, également habituée aux phases finales de Coupe d’Afrique des Nations, avait bousculé l’ordre établi.

« Les joueurs vont tout donner pour atteindre la finale. Bien sûr, que nous pensons au titre, même si nous ne sommes pas les favoris. Mais ce que réalise cette équipe est le résultat d’une certaine logique. Les joueurs qui avaient découvert la CAN en 2010 ou 2012 sont aujourd’hui les leaders de la sélection. Comme Kaboré, Pitroipa, Koné, Bancé et Nakoulma ou Alain Traoré, qui encadrent la nouvelle génération… Nous avons également fait revenir Paulo Duarte, qui avait dirigé l’équipe de 2007 à 2012, après le départ de Gernot Rohr, fin 2015, et qui a l’avantage de bien connaître certains joueurs, mais aussi le pays », poursuit le Colonel Sangaré.

La fédération burkinabée, « grâce aux moyens mis à notre disposition par le gouvernement », ajoute le dirigeant, a pu améliorer les conditions de travail du staff technique et des joueurs. « À ce niveau, tout est important : la qualité des voyages, des hôtels, des équipements, des terrains d’entraînements. Nos moyens, au Burkina Faso, sont certes modestes. Mais nous faisons en sorte que les efforts se portent à la fois sur la sélection nationale, et sur le championnat et sur les catégories de jeunes, où les résultats ne sont pas satisfaisants. »

Dernière CAN pour Kaboré ?

Le parcours des Étalons au Gabon − déjà réussi quoi qu’il advienne ce mercredi face aux Pharaons égyptiens −, pourrait trouver son prolongement dans les prochains mois, avec une qualification pour la Coupe du Monde 2018 qui reste accessible. Le Burkina Faso, qui compte quatre points après deux journées, occupe même la tête du groupe D, devant l’Afrique du Sud, le Sénégal et le Cap Vert.

La seule mauvaise nouvelle de cette CAN est venue du capitaine Charles Kaboré (29 ans), qui a annoncé qu’il disputait au Gabon sa dernière CAN. Mais le milieu de terrain du FC Krasnodar (Russie) accompagnera ses compatriotes jusqu’à la fin des éliminatoires de la Coupe du Monde, et évidemment en phase finale si les Étalons y accèdent.

« On respecte sa décision, il donne beaucoup à son pays depuis des années », précise Sita Sangaré. Lequel sait que Kaboré ne serait ni le premier, ni le dernier à revenir sur sa décision…

Déjà 200 000 inscrits


Chaque jour, recevez par mail les actus Jeune Afrique à ne pas manquer


Curieux ? Voici un aperçu des newsletters ici