Salaheddine Mezouar : « Le Maroc revient au sein de l’Union africaine par la grande porte »

Par - Envoyé spécial à Addis Abeba

Salaheddine Mezouar, patron du RNI et ministre des Affaires étrangères et de la coopération. © Hassan Ouazzani / J.A.

Quelques minutes après la fin du 28e sommet des chefs d'État de l'Union africaine, le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, s'est dit satisfait du retour de son pays dans le giron africain. Sur le conflit du Sahara occidental, il a estimé que l'UA devait soutenir l'initiative d'une solution politique sous l'égide de l'ONU.

Après le discours à la tribune de Mohammed VI, c’est lui qui a occupé le siège du Maroc au sein de l’hémicycle de l’Union africaine.

Le ministre marocain des Affaires étrangères, Salaheddine Mezouar, a assisté à la fin de la cérémonie de clôture du 28e sommet des chefs d’État de l’UA. Un sommet qui a scellé le retour du Maroc au sein de l’UA.

« Le Maroc vient pour l’unité »

« C’est un jour d’Histoire. Réintégrer sa famille institutionnelle est un moment fort et plein d’espoir. Le Maroc n’a pas de démonstration à faire. C’est un pays qui vient pour l’unité, qui vient pour la solidarité et la construction. Notre continent a besoin de pays qui apportent une valeur ajoutée. Le Maroc en fait partie » a-t-il déclaré à la presse à sa sortie de la salle. Et d’ajouter que le Maroc avait « fait la démonstration depuis plusieurs années d’un partenariat de qualité, fort, actif et productif. C’est tout cela que le Maroc apporte à cette belle famille ».

« Le message de sa Majesté est un message du cœur, adressé au cœur des africains. Il était ému en prononçant son discours car il est profondément africain. Il croit en l’Afrique et il est en faveur de l’Afrique », a-t-il poursuivi.

« L’Algérie est notre voisin »

Sur les conditions du retour du royaume au sein de l’organisation panafricaine, le ministre a estimé que « l’intégration du Maroc s’est faite après un débat démocratique dans un cadre tout à fait consensuel ». « Le Maroc est revenu par la grande porte », a t-il estimé. Certains pays ont adhéré, malgré des réticences. « L’Algérie a fait part de ses angoisses, que l’on comprend. Mais l’Algérie reste un pays voisin avec lequel nous voulons construire l’avenir », a assuré Salaheddine Mezouar.

Pour lui, le Maroc respecte la position algérienne. « De même, notre position est connue, notre volonté aussi. »

Et de poursuivre : « Tout le monde connaît les conditions dans lesquelles le Maroc est parti [de l’OUA, ndlr] en 1983 ». La décision était « justifiée » par le contexte historique. Mais l’Afrique a changé, elle a évolué avec « une nouvelle génération de leaders plus pragmatiques ». Aujourd’hui, le conflit [avec la RASD] est examiné par l’ONU.

« L’Union africaine doit soutenir l’initiative d’une solution politique sous l’égide de l’Organisation onusienne. C’est à l’UA de décider du rôle qu’elle peut jouer. »

Sur l’absence dans l’enceinte de l’UA de plusieurs chefs d’État lors du discours du roi, Salaheddine Mezouar, a préféré botter en touche, assurant « qu’il n’avait pas remarqué leur absence et qu’il ne peut donc pas se prononcer ».