La Tunisie vise près de trois milliards de dollars sur les marchés pour combler son déficit

Par Jeune Afrique

Bourse des Valeurs Mobilières de Tunis (BVMT) . © Ons Abid pour JA

Deux mois après avoir hébergé la tenue de la conférence internationale sur l’investissement, la Tunisie a fait savoir lundi, par la voix de sa ministre des Finances, que 2,8 milliards de dollars lui seraient nécessaires sur les marchés internationaux pour financer son déficit budgétaire.

Les finances publiques tunisiennes ne sont pas à l’équilibre et 2017 ne fera pas exception. La Tunisie a besoin d’environ 2,85 milliards de dollars de financements extérieurs cette année pour aider à combler le déficit, a déclaré le 30 janvier la ministre des Finances tunisienne, Lamia Zribi, à l’agence Reuters.

Levée de fonds en Europe

Pour y parvenir, le pays se tourne à nouveau vers les financements extérieurs, à l’instar des emprunts souscrits en dollars sur les marchés internationaux les années passées. En 2012, Tunis avait levé 485 millions de dollars à un taux de 1,686 %, ce fut 500 millions de dollars à un taux de 2,452 % en 2014, et encore l’an dernier 500 millions de dollars.

Ainsi une tournée des investisseurs étrangers (un roadshow) devrait-elle débuter le 5 février, d’après la ministre des Finances. L’objectif est d’émettre un eurobond d’une valeur de 1 milliard d’euros. D’autres émissions d’obligations financières pourraient également suivre plus tard dans l’année, selon les besoins de la Tunisie en financements extérieurs, a-t-elle ajouté.

L’émission d’un sukuk remise sur le tapis à l’Assemblée

Autre solution envisagée : l’émission d’un sukuk (obligation conforme à la charia) d’une valeur d’environ 500 millions de dollars, indique la ministre.

Déjà annoncée auparavant, notamment en 2015 par le ministre des Finances de l’époque Slim Chaker, mais jamais encore concrétisée, l’émission de cet emprunt obligataire conforme aux règles de la finance islamique a été remise sur le tapis en marge de l’examen du plan quinquennal 2016-2020 entamé lundi par la commission des finances de l’Assemblée des représentants du peuple (ARP).

« Avec un retard de quelques années, nous prévoyons cette année d’émettre cette obligation de 500 millions de dollars pour diversifier nos ressources et couvrir le déficit de l’année 2017 », a annoncé Lamia Zribi à Reuters.

Le déficit budgétaire tunisien a augmenté depuis la Révolution : proche de l’équilibre en 2010, il a dépassé 6% du PIB en 2013 avant de décroître à 4,9% en 2014 et 2015. La dette publique tunisienne est passée de 40% du PIB en 2010 à 60% en 2016.

Fin novembre, la conférence internationale « Tunisia 2020 » a permis une levée de 34 milliards de dinars (15 milliards de dollars) répartis entre prêts, dons et reconversion de la dette.