Idriss Déby Itno : « Le Maroc nous a manqué pendant 33 ans »

Par et - envoyés spéciaux à Addis-Abeba

Le président du Tchad Idriss Déby Itno, le 18 janvier 2017, au palais présidentiel. © Vincent Fournier/JA

Président sortant de l'Union africaine, le président tchadien Idriss Déby Itno s'est réjoui mardi de la décision des chefs d'État d'accepter le retour du Maroc au sein de l'organisation panafricaine.

Pour Idriss Déby Itno, « c’est avec une très grande joie, qui vient vraiment du fond du cœur, que nous avons accueilli la décision de Sa Majesté de revenir dans sa famille constitutionnelle. Sa Majesté a respecté l’ensemble des procédures, toutes les procédures, conformément aux textes de l’UA. Aujourd’hui, le Maroc est revenu dans la grande famille. »

« Le Maroc est un très grand pays de l’Afrique qui nous a manqué pendant 33 ans. Son retour est un plus pour notre union, pour notre continent, a précisé le président tchadien. Je dois dire que je ne suis pas le seul chef d’État à apprécier la démarche qui a été faite. Et je ne suis pas le seul chef d’État qui a exprimé sa joie par rapport au retour du Maroc dans la famille africaine. »

Un peu plus tôt, son ministre des Affaires étrangères et nouveau président de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat, s’était lui aussi réjoui du retour du Maroc. « C’est une très bonne décision. Le sommet en a décidé ainsi. C’est un pays africain qui était absent de la grande famille. Travailler ensemble à 55 États, cela va renforcer l’unité et les capacités de ce continent qui fait face à d’énormes défis », a-t-il dit.

Sur la question de la RASD, Moussa Faki s’est voulu confiant : « L’esprit dans lequel le débat  a été engagé est plutôt constructif. Nous allons prendre des initiatives pour aller dans le sens de l’apaisement et trouver une solution à ce conflit qui n’a que trop duré. »

Le retour du roi

La décision d’accepter la demande du Maroc a été prise lundi soir à l’issue d’un huis-clos de près de deux heures au cours duquel les chefs d’État ont tour à tour pris la parole. Selon plusieurs sources officielles marocaines, le roi Mohammed VI envisage de participer au sommet de mardi. Il devrait même y prononcer un discours à la mi-journée, même si les détails techniques et juridiques du retour du Maroc pourraient entraîner des blocages.

Une bonne partie de la délégation marocaine, médias et officiels, menée par le ministre des Affaires étrangères Salaheddine Mezouar et son ministre délégué Nasser Bourita, est d’ores et déjà présente dans l’enceinte de l’African Union Center.