Accès à internet : le continent africain entre progrès et inégalités

Installation d'un câble de fibre optique à Mombasa, au Kenya, le 12 juin 2009. © STRINGER/AP/SIPA

Internet ne cesse de s'étendre et l'Afrique est un marché majeur, bien que très inégal. Le continent compte désormais près de 281 millions d'internautes pour un taux d'accès moyen d'à peine 23%, selon les derniers chiffres de l'Internet Live Stats, membre du projet Real Time Statistic.

En tête du palmarès des pays où le taux de pénétration est le plus important on retrouve les Seychelles (57,90%), le Maroc (57,60 %) et l’Afrique du Sud (52%). Le Nigeria reste toutefois le pays où l’on compte le plus d’internautes. Ils sont près de 86 millions aujourd’hui, ce qui équivaut à un taux de pénétration de plus de 46%. Si tout le continent connaît une progression, en moyenne supérieure à 4 %, du taux d’accès à internet, les disparités entre les pays restent colossales et varient de 1 à 50.

 

En queue de peloton, on retrouve naturellement la Somalie et l’Érythrée, accompagnés du Burundi où internet n’est accessible que par moins de 2% de la population. Compte tenu de ses moyens, l’Algérie affiche un médiocre taux de pénétration de 19,7% qui la place à la 22ème position sur le continent, nettement derrière ses voisins marocain, tunisien et égyptien, tous dans le top 10.

Internet moins cher sur la côte

Si le taux d’accessibilité progresse sur l’ensemble du continent, le prix reste, lui, exorbitant dans certains pays. On constate là encore de très importantes disparités. Les pays situés sur littoral, à proximité des câbles de fibre optique, ont un accès plus rapide à une connexion de fait moins chère, comme au Ghana (7$ par mois), en Afrique du Sud (55$ par mois) où même en Somalie (100$ par mois).

À l’inverse, des pays comme le Tchad ou le Lesotho pratiquent des tarifs oscillant entre 600$ et 3000 $ par mois. Des chiffres à relativiser toutefois puisque moins de 3% de la population tchadienne a accès à internet.

L’enjeu de la cybersécurité

Avec les progrès réalisés en termes d’accessibilité, l’enjeu est désormais de préserver un parc informatique particulièrement vulnérable face aux cyberattaques. « L’Afrique est une source constante de cybercriminalité avec des foyers majeurs comme le Cameroun ou la Côte d’Ivoire. Les ordinateurs sont très peu sécurisés et le risque de piratage est omniprésent », constate Karim Ganame, fondateur burkinabé de la start-up Efficient Protection spécialisée en cybersécurité. L’entrepreneur installé au Canada collabore aujourd’hui avec le gouvernement togolais pour construire un centre national de réponse aux cyberattaques.

Pour comprendre l’ampleur du problème, il suffit de se pencher sur le rapport publié en février 2016 par la compagnie européenne d’intelligence stratégique (CEIS) : sur l’année 2013, la Côte d’Ivoire a enregistré des pertes évaluées à 26 milliards de francs CFA à cause de la cybercriminalité ; le Sénégal a quant à lui perdu près de 15 milliards de francs CFA la même année.