Maroc : le procès des événements du camp de Gdeim Izik reporté en mars

Par Jeune Afrique avec AFP

Les forces de l'ordre marocaines démantèlent le camp de Gdeim Izik, près de Laâyoune, au Sahara occidental, le 8 novembre 2010. © AP/SIPA

La justice marocaine a reporté au 13 mars le procès des 25 Sahraouis accusés d'avoir assassiné des membres des forces de l'ordre marocaines en 2010 dans un camp près de Laâyoune. Un procès très tendu qui intervient à la veille de la réintégration du Maroc dans l'Union africaine.

La Cour d’appel de Salé, près de Rabat, qui a reconnu sa compétence à juger les accusés, a accepté, mercredi 25 janvier, la demande de la défense de soumettre les accusés à une expertise médicale, mais rejeté la requête de leur accorder la liberté provisoire. Elle a également décidé de convoquer les témoins de la défense ainsi que les rédacteurs des procès-verbaux de la gendarmerie, selon un communiqué du procureur du roi.

Cette audience est la quatrième depuis le renvoi en juillet dernier devant une juridiction civile de cette affaire sensible et scrutée par plusieurs observateurs internationaux.

Les 25 Sahraouis sont accusés d’avoir assassiné 11 membres des forces de sécurité marocaines durant des émeutes déclenchées par le démantèlement en novembre 2010 du camp de Gdeim Izik, près de Laâyoune, au Sahara occidental.

Lourdes condamnations

Le Maroc et le Front Polisario, qui revendique l’indépendance du Sahara occidental, s’étaient à l’époque accusés mutuellement d’avoir provoqué ces affrontements meurtriers. Au terme d’un feuilleton judiciaire très médiatique, les 25 Sahraouis avaient été condamnés en 2013 par un tribunal militaire à des peines allant de 20 ans de réclusion à la perpétuité.

Mais le procès avait été jugé « inéquitable » par des ONG internationales, faisant état « d’aveux obtenus sous la torture », et en juillet dernier, la Cour de cassation avait ordonné la tenue d’un nouveau procès, cette fois devant une juridiction civile.

Les familles demandent justice

Les proches des membres des forces de l’ordre tués demandent depuis lors « un procès juste et équitable pour honorer la mémoire des martyrs ». Ils se sont constitués partie civile pour défendre leurs droits. Ils n’ont pas pu le faire avant devant le tribunal militaire car les statuts de la justice militaire ne le permettaient pas.

Des images prises le jour du démantèlement du camp et diffusées sur une télévision privée avaient montré des membres des forces de l’ordre être lynchés et tués. Les assaillants en ont profité pour saccager la ville de Laâyoune.

Un procès hautement politique

Le procès intervient à la veille du retour du Maroc au sein de l’Union africaine (UA) qui devra être acté fin janvier, lors du sommet des chefs d’État, et pour lequel le roi Mohammed VI a multiplié les voyages en Afrique ces derniers mois. Objectif : consolider ses alliances historiques et neutraliser les gouvernements qui soutiennent encore le Polisario.

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