Société

Zambie : les policiers n’ont (toujours) pas le droit de se marier avec des étrangers

Des policiers zambiens, lors de la présidentielle de 2015. © Tsvangirayi Mukwazhi/AP/SIPA

Le chef de la police zambienne, Kakoma Kanganja, a rappelé ses troupes à l'ordre le 11 janvier dernier : ses fonctionnaires ont interdiction de se marier avec un ou une étranger(e). Ces unions, déjà prohibées par une loi trop peu respectée, poseraient selon lui un problème de "sécurité" nationale.

L’ordre de l’inspecteur général Kakoma Kanganja est tombé le 11 janvier sous la forme d’une circulaire sans équivoque. « Soyez informés que le haut-commandement de la police a décidé qu’aucun policier ne doit épouser un étranger », indique le document, largement diffusé par les médias en Zambie. « En conséquence, ceux déjà mariés avec des étrangers doivent déclarer leur conjoint étranger à l’inspecteur général de la police, dans un délai d’une semaine, faute de quoi ils feront l’objet d’une sanction disciplinaire », ajoute la note.

Les craintes de la hiérarchie sécuritaire zambienne face à d’éventuelles fuites d’informations sensibles sur l’oreiller ne sont pas nouvelles.

L’interdiction imposée aux policiers, comme aux militaires, de convoler avec un ou une étranger(e) est d’ailleurs gravée dans la loi depuis de nombreuses années. Mais, aux dires mêmes des chefs de la police, elle était de moins en moins respectée, d’où le récent rappel à l’ordre.

Une législation peu respectée

« Ce qui nous a motivés […], c’est que nous avons réalisé que certains de nos policiers violent la loi », a expliqué une porte-parole de la police, Ester Katongo. « Ils savent pertinemment qu’une loi leur interdit d’épouser des étrangers ». « Les questions de sécurité sont délicates et nous ne pouvons pas laisser les hommes en uniforme se marier avec des femmes de pays étrangers », a-t-elle souligné.

La Commission des droits de l’Homme s’est saisie du dossier et a réclamé l’annulation de la loi. « Cette mesure révèle un préjugé (contre les étrangers) et est discriminatoire », a déclaré la porte-parole de cet organe gouvernemental, Mwelwa Muleya. « Nous espérons que la police va revenir sur sa mesure. Elle a pu être utile à un certain moment mais ce n’est plus le cas », a-t-elle poursuivi, la qualifiant de « peu compatible avec le respect des droits de l’Homme ».

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