Côte d’Ivoire : la grève des fonctionnaires se poursuit

Par Jeune Afrique avec AFP

Des lycéens à la sortie des cours à Abidjan en mars 2016. © Jacques Torregano pour JA.

La grève des fonctionnaires ivoiriens déclenchée depuis le 9 janvier s'est poursuivie mardi 24 janvier. Les protestataires souhaitent désormais rencontrer le président Alassane Ouattara.

« Nous attendons une rencontre avec le président ou au moins son vice-président [Daniel Kablan Duncan] afin d’établir un dialogue direct qui pourrait décanter la situation », a déclaré à l’AFP ce mardi 24 janvier Théodore Gnagna Zadi, président de la plateforme nationale des syndicats des organisations professionnelles du secteur public.

Selon le syndicaliste, qui avait pourtant appelé les grévistes à cesser leur mouvement dimanche 22 janvier, « le président ne s’est jamais prononcé sur la situation et cela est perçu comme un mépris. Il faut qu’il dise quelque chose vu l’état de la situation ». « Pour l’instant, tout est bloqué et le mouvement s’est renforcé sur le terrain », a-t-il ajouté.

Augmentation et paiement d’arriérés de salaires

Les grévistes demandent le paiement d’augmentation salariales promises en 2009 à certaines catégories de fonctionnaires, de même que le paiement d’arriérés de salaires. Selon les calculs de la centrale syndicale présidée par Théodore Gnagna Zadi, les sommes dues aux fonctionnaires s’élèveraient à environ 240 milliards de francs CFA, soit environ 365 millions d’euros.

Certaines de leurs autres revendications ont été acceptées par le gouvernement en fin de semaine dernière. Les syndicats ont ainsi obtenu l’intégration des travailleurs journaliers du secteur public à la fonction publique, des garanties en matière de liberté syndicale ainsi que des concessions sur la réforme des retraites.

Écoles et lycées fermés

Mais en l’absence d’accords sur leurs revendications salariales, les fonctionnaires ont décidé de poursuivre le mouvement social entamé le 9 janvier. Conséquence : écoles et lycées sont en grande partie restés fermés, provoquant la colère des étudiants.

Ce lundi, les élèves sont à nouveau descendus dans la rue pour demander au gouvernement de trouver une solution aux revendications des enseignants afin que les cours reprennent au plus vite. Le même jour, pompiers et gendarmes avaient également manifesté leur mécontentement à Abidjan, bloquant momentanément la circulation de plusieurs axes, dont l’autoroute nord.