Vie des partis

Tunisie : la tension monte d’un cran à la tête de Nidaa Tounes

Des partisans de Nidaa Tounes lors d'un meeting pour la campagne électorale de Béji Caïd Essebsi, le 15 novembre 2014. © Aimen Zine/AP/SIPA

Les tensions se sont exacerbées au sein du principal parti tunisien au pouvoir, avec la décision, aussitôt contestée, de l'exclusion de son dirigeant Hafedh Caïd Essebsi, le fils du président de la République.

Cette annonce marque une nouvelle étape dans la guerre de succession qui mine Nidaa Tounes depuis que son fondateur Béji Caïd Essebsi a été élu président en 2015. Ces divisions ont affaibli le parti qui avait remporté les législatives de 2014 avant de perdre la première place au Parlement au profit des islamistes d’Ennahdha. Et la hache de guerre n’est pas prête d’être enterrée…

« Aucune valeur juridique »

Dans la soirée du 23 janvier, l’un des deux camps rivaux a annoncé dans un communiqué l’exclusion de Hafedh Caïd Essebsi, le directeur exécutif du parti. Ce communiqué « n’a aucune valeur juridique et n’a aucun sens », a réagi ce dernier sur la radio privée Shems FM. Il a précisé que ses six signataires avaient « été mis à l’écart » après s’être « exprimés d’une façon anarchique pour porter atteinte au parti ».

Il s’agit d’ « une manœuvre pour déstabiliser » Nidaa Tounes, a par ailleurs dénoncé Mourad Dalech, représentant juridique du parti.

La guerre des clans se poursuit

Nidaa Tounes est une formation hétéroclite née en 2012 et composée aussi bien de personnalités de gauche et de centre droit que d’anciens dignitaires du régime de Zine el-Abidine Ben Ali. Une « bataille de succession » s’était ouverte fin 2015 entre Hafedh Caïd Essebsi et l’ancien secrétaire général du parti Mohsen Marzouk, qui a depuis fondé sa propre formation politique.

Malgré ces crises successives, Nidaa Tounes resterait quand même en tête des intentions de vote aux législatives, d’après les sondages présentés à l’Open Sigma 2017.

L’actuel chef de l’État, âgé de 90 ans, est fréquemment interrogé sur les ambitions prêtées à son fils dans la perspective du prochain scrutin présidentiel prévu dans deux ans. « Nous ne sommes pas un régime monarchique (…) Si mon fils fait des efforts, [et qu’il] est adopté par l’électorat tunisien, c’est son affaire », a-t-il récemment déclaré.

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