Opep : la Guinée équatoriale candidate à l’adhésion

Vue arienne du siège de Ge Petrol, la compagnie nationale de pétrole à Malabo. © Photo de Renaud Van Der Meeren pour les Éditions du Jaguar

Le pays d'Afrique centrale a adressé une demande officielle d'adhésion, a-t-il fait savoir lundi. Il s'était déjà associé en décembre au cartel des producteurs de pétrole pour participer à l'effort de réduction de la production censé revigorer des cours déprimés.

Et de six pays africains au sein de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ? Ce n’est pas encore fait mais la Guinée équatoriale, en la personne de son ministre des Mines et des Hydrocarbures, Gabriel Mbaga Obiang Lima, a adressé à l’organisation une demande officielle d’adhésion.

Elle a saisi l’opportunité de la première réunion du comité mis en place par le cartel pour veiller à la bonne application des mesures de coupe de production prises fin novembre. À cette date, les pays membres s’étaient engagés à ramener leur production cumulée à un niveau de 32,5 millions de barils par jour, contre 33,47 en août selon l’Agence internationale de l’Énergie (AIE), avec l’objectif de tirer les cours internationaux à la hausse après deux ans en dessous des 50 dollars le baril.

« Nous sommes convaincus que les intérêts de la Guinée équatoriale sont alignés avec ceux de l’Opep pour servir les intérêts de l’industrie pétrolière », a indiqué Gabriel Mbaga Obiang Lima, cité par Reuters. Si cette demande d’adhésion était validée, la Guinée équatoriale deviendrait le sixième pays africain membre avec la Libye, l’Algérie, le Nigeria, le Gabon — qui a réintégré l’organisation en 2016 après en être sorti — et l’Angola.

Malabo entend relancer sa production pétrolière en recul. Elle était tombée à 270 000 barils par jour en 2014, selon les chiffres du département américain de l’Énergie.

Le pays d’Afrique centrale avait  pris l’engagement de réduire sa production de 12 000 barils par jour

Cette demande intervient alors que la Guinée équatoriale était présente lors d’une réunion regroupant les pays membres et non-membres de l’Opep à Vienne le 10 décembre, pour y décider la part de chacun dans l’effort global de réduction décidé quelques jours plus tôt.

Le pays d’Afrique centrale avait alors pris l’engagement de réduire sa production de 12 000 barils par jour, selon un chiffre indiqué par le ministère équato-guinéen des Mines et des Hydrocarbures.

Interrogés lundi par Jeune Afrique, ni le ministère des Mines et des Hydrocarbures équato-guinéen ni le secrétariat viennois de l’Opep n’étaient en mesure d’estimer la durée que nécessiterait l’instruction de cette demande d’adhésion. Les statuts de l’Opep prévoient que pareille demande doit recevoir l’aval de trois quarts des membres actuels de l’organisation.

La Guinée équatoriale affiche des ventes annuelles de pétrole de 10,5 milliards de dollars, ce qui représente 95% des exportations du pays, vers la Chine, l’Inde, le Japon ou encore la Corée du Sud.

L’adhésion d’un nouveau pays africain producteur interviendrait dans un contexte où ses confrères pétroliers sur le continent ont eu tendance à tirer la production bien au-dessus des objectifs de réduction escomptés.

À la sortie de leur réunion de dimanche, pays membres et non-membres ont indiqué avoir déjà réduit d’1,5 million de barils par jour, leur objectif commun portant sur une réduction d’1,8 million de barils. Les cours du Brent, le brut de mer du Nord, s’établissent à 55 dollars en ligne avec son cours depuis la réduction de production convenue fin novembre.

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