Maurice : démission du Premier ministre Anerood Jugnauth, son fils lui succède

Par Jeune Afrique avec AFP

Anerood Jugnauth à l'ONU, le 27 septembre 2015 © Richard Drew/AP/SIPA

Le Premier ministre mauricien, Sir Anerood Jugnauth, communément appelé SAJ, a présenté ce lundi sa démission à la présidente Ameenah Gurib-Fakim, qui a nommé son fils Pravind Jugnauth pour le remplacer. Un successeur contesté par l'opposition qui réclame la tenue d'élections.

« Le poste de Premier ministre est une fonction qui comprend de grandes responsabilités. C’est un grand fardeau. Je l’ai assumé, mais maintenant il est temps de céder la place aux jeunes », a déclaré celui qui fut président de 2003 à 2012, après avoir présenté sa démission, lundi 23 janvier.

Le fils d’Anerood Jugnauth nommé

Quelques minutes après lui, selon l’AFP, son fils Pravind Jugnauth, 55 ans, s’est présenté à la présidence pour se voir remettre sa lettre de nomination.

« Je suis très serein. C’est une grande responsabilité qui m’a été confiée. Il nous faudra nous mettre au travail dès maintenant », a déclaré l’actuel ministre des Finances et chef du Mouvement socialiste mauricien (MSM), le principal parti de la coalition au pouvoir.

C’est à ce titre qu’Ameenah Gurib-Fakim lui aurait demandé de succéder à son père. Mais, sa désignation suscite un fort rejet de l’opposition, qui doit boycotter sa prestation de serment ce lundi après-midi et entend se mobiliser pour réclamer des élections.

« Le mieux aurait été que le Premier ministre dissolve l’Assemblée nationale avant sa démission et rende le vote à la population. Il ne l’a pas fait et c’est une honte qu’il termine plus de 50 ans de carrière politique de cette façon », a regretté Paul Bérenger, chef du Mouvement militant mauricien (MMM).

« Nous comptons organiser une campagne politique à travers le pays pour réclamer la tenue d’élections générales », a-t-il ajouté.

Une longue carrière politique pour SAJ

Sir Anerood Jugnauth, alias SAJ, âgé de 86 ans, avait déjà annoncé samedi 21 janvier son intention de ne pas aller au bout de son mandat, censé prendre fin en 2019.

Ce cacique de la vie politique mauricienne occupait le poste de Premier ministre depuis sa victoire écrasante aux élections législatives de décembre 2014, à la tête de la coalition Lelep (« le peuple »), un poste qu’il avait déjà occupé entre 1982 et 1995, puis entre 2000 et 2003.

Le dirigeant de centre-droit avait par ailleurs indiqué en septembre qu’il pourrait quitter son poste avant la fin de son mandat. Depuis, la question de sa succession fait l’objet de vifs débats.

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