Commerce panafricain : les objectifs intenables d’Afreximbank ?

Par Jeune Afrique

Embarquement du bois au port grumier de San Pédro, en Côte d'Ivoire, en mars 2016. © Jacques Torregano pour JA

L’institution financière dédiée au financement et à la promotion du commerce africain prévoit de décaisser plus de 90 milliards de dollars entre 2017 et 2021, un montant plus de deux fois supérieur aux crédits qu'elle a octroyés depuis sa fondation en 1993.

Ces dernières semaines encore, la Banque Africaine d’Import-Export (Afreximbank) est activement intervenue en soutien de l’activité économique continentale.

Au Congo-Brazzaville ou en Égypte, l’institution bancaire a conclu de nouveaux prêts en soutien aux secteurs pétroliers de ces deux pays, encore malmenés par la conjoncture. Deux exemples parmi de nombreux autres qui faisaient dire à l’institution, dont l’assemblée générale des actionnaires était réunie aux Seychelles en juillet — l’un de ses 40 pays membres après l’adhésion du Togo en mai — que ses interventions permettent de générer jusqu’à 15 milliards de dollars de transactions commerciales à travers le continent.

Un rythme qui pourrait s’accroître encore, à lire les colossaux objectifs de décaissements de crédits que le conseil d’administration de la banque, réunie à son siège au Caire le 10 décembre, s’est fixés entre 2017 et 2021. Ceux-ci tablent sur 90 milliards de dollars de crédits aux entreprises, indiquant cependant, dans une communication du 19 janvier, que « l’appui financier au commerce intra-africain seul s’élèvera à 25 milliards de dollars US ».

Des prêts plus que doublés de 2013 à 2016

Si aucun responsable de la banque n’était disponible pour détailler ces chiffres, ils semblent pour le moins difficiles à tenir. Quand bien même la banque a doublé son portefeuille de prêts aux secteurs agricole, de l’énergie, des services, des métaux ou des transports, qui sont passés de 3,48 milliards de dollars en 2013 à 8,29 milliards en 2016.

Pareils décaissements signifieraient qu’Afreximbank prêterait davantage en cinq ans qu’elle ne l’a fait depuis 1994 jusqu’en 2016, période au cours de laquelle elle estime le total de ses prêts à 41 milliards de dollars. « L’approbation de l’Impact 2021 ouvre la voie à Afreximbank pour commencer à traiter plus directement les impératifs de son mandat », a seulement déclaré Benedict Oramah, le président de la Banque.

Début mai, la banque a annoncé son intention de lever trois milliards de dollars en 2016 via les marchés financiers internationaux et régionaux. À Londres, elle était parvenue à émettre une obligation de 750 millions de dollars, après avoir reçu des ordres d’achat d’une valeur cumulée de 3,4 milliards de dollars de la part de 290 investisseurs. Quelques mois plus tard, en septembre, c’est auprès d’une quinzaine d’investisseurs chinois que l’établissement avait obtenu 300 millions de dollars.

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