Gambie : l’intervention militaire de la Cedeao soumise au vote de l’ONU ce jeudi

Par Jeune Afrique avec AFP

Le président gambien Yahya Jammeh © Sunday Alamba/AP/SIPA

Le Conseil de sécurité de l'ONU examine ce jeudi, à 18h GMT, le projet de résolution autorisant la Cedeao à intervenir militairement en Gambie pour assurer la transition démocratique entre Yahya Jammeh et Adama Barrow.

Les membres du Conseil doivent plus précisément se réunir pour déterminer s’ils autorisent ou non les quinze États de la Cédéao à envoyer une force militaire en Gambie pour forcer Yahya Jammeh, le président au pouvoir depuis 22 ans, à passer la main à Adama Barrow, son successeur élu en décembre dernier.

Le Sénégal a en effet présenté mercredi 18 janvier un projet de résolution au Conseil de sécurité autorisant la Cedeao à prendre « toutes les mesures nécessaires » pour assurer la passation de pouvoirs entre les deux hommes.

Une formule qui a été supprimée du nouveau texte, sur lequel un vote est prévu à 18h00 GMT (19h heure française) et qui appelle le Conseil de sécurité à « apporter tout son soutien à la Cedeao dans son engagement à assurer le respect de la volonté du peuple ».

Il exhorte « toutes les parties, à l’intérieur et à l’extérieur de la Gambie, à faire preuve de retenue, à respecter l’État de droit et à assurer un transfert pacifique du pouvoir ».

Le Nigeria et le Ghana ont envoyé des soldats et des avions au Sénégal pour se joindre à une force régionale menée par Dakar qui se prépare à une intervention militaire en Gambie alors qu’Adama Barrow doit prêter serment pour son investiture officielle ce jeudi 19 janvier à l’ambassade gambienne de Dakar.

Le Conseil de sécurité demande à Jammeh de partir

L’envoyé spécial de l’ONU en Afrique de l’Ouest Mohamed Ibn Chambas avait fait savoir la semaine dernière que la Cedeao était prête à réclamer le feu vert du Conseil pour déployer des troupes en Gambie. Depuis, Yahya Jammeh a proclamé mardi l’état d’urgence pour 90 jours dans le pays.

Le projet de résolution du Sénégal ce mercredi relevait que l' »instabilité en Gambie pourrait menacer la paix internationale et la sécurité de la région ». Le mois dernier, le Conseil avait déjà réclamé à l’unanimité que Yahya Jammeh reconnaisse le résultat de l’élection présidentielle et qu’il cède le pouvoir à Adama Barrow. Sans succès.