Kenya : la grève des médecins du secteur public s’enlise

Par Jeune Afrique - avec AFP

Manifestation des personnels soignants le 8 décembre à Nairobi. © Ben Curtis/AP/SIPA

5 000 médecins du secteur public kényan réclame depuis plus d'un mois l'application d'un accord de négociation collective signé en 2013. L'une des plus longues grèves qu'ait connue le Kenya dans le domaine médical.

Quelque 5 000 médecins du secteur public kényan sont engagés depuis plus d’un mois dans une grève. Ils réclament l’application d’un accord de négociation collective signé en 2013, qui prévoyait notamment une multiplication de leur salaire par trois. Ils ont décliné une hausse de 40% des salaires proposée par le gouvernement.

L’accord de 2013 prévoyait que le salaire de base passerait de 346 dollars (323 euros) à 1 038 dollars par mois. Celui des médecins les mieux payés devait passer de 1 400 à 4 300 dollars, hors primes.

Cet accord affirmait aussi la nécessité de mieux équiper les hôpitaux, mieux financer la recherche et mieux garantir la sécurité des médecins au travail. Il limitait également le temps de travail à 40 heures par semaine.

Les maigres salaires et les conditions de travail difficiles poussent de nombreux docteurs kényans à quitter le secteur public ou à s’exiler.

Mais si les syndicats assurent que l’accord a force de loi, le gouvernement affirme ne l’avoir jamais validé en l’état.

Cette semaine, les syndicats ont utilisé Twitter pour défendre leur grève, qui paralyse les hôpitaux publics, le service minimum n’existant pas. Sous le hashtag #mybaddoctorexperience, les docteurs ont raconté être parfois contraints de travailler sans médicaments, sans gants et sans électricité, et ce avec des effectifs restreints.

Le Kenya compte un docteur pour 17 000 patients.

Un de ces médecins, prénommé Anthony, a expliqué à l’AFP avoir été une fois interrompu au milieu d’une césarienne par une coupure d’électricité.

« Le générateur de secours n’avait plus de carburant. On a fini par utiliser la lumière d’un téléphone portable parce que les piles de notre lampe ne fonctionnaient plus », a-t-il indiqué.

A contrario, Nairobi dispose de quelques-uns des meilleurs hôpitaux privés du continent. Mais ils sont inabordables pour la majeure partie de la population.

 

Selon le principal syndicat médical kényan (KMPDU), le Kenya compte un docteur pour 17 000 patients. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) recommande un médecin pour 1 000 patients.