Nigeria : William Onyeabor, artiste pionnier de l’électro-funk, est mort

Par Jeune Afrique avec AFP

Couverture d'album de William Onyeabor. © Capture d'écran YouTube

Musicien aussi énigmatique que talentueux, William Onyeabor s'est éteint à l'âge de 70 ans, a annoncé mercredi la maison de disque américaine Luaka Bop.

Sa vie reste nimbée de mystère. De lui, on connaît la carrière, aussi éphémère qu’étincelante. Pour le reste, rien ou presque. Météore musical, artiste aussi avant-gardiste qu’énigmatique, William Onyeabor est mort à l’âge de 70 ans. Sa maison de disque, Luaka Bop, a annoncé la triste nouvelle mercredi.

Elle devrait peiner les fans d’électro-funk, un genre que le musicien nigérian a contribué à populariser en composant et produisant lui-même ses huit albums, parus entre 1977 et 1985. Huit années durant lesquelles William Onyeabor, contemporain de Fela Kuti, a connu la lumière avant de disparaître de la scène musicale. Sans laisser de traces, ou presque.

Retranché dans sa demeure dans la région d’Enugu, dans le sud du Nigeria, l’artiste a longtemps cultivé la discrétion une fois sa carrière terminée. Le quotidien français Libération, qui s’était intéressé à lui, expliquait en 2013 qu’il s’était « muré dans la religion ». La même année, Luaka Bop a ressorti une compilation de ses meilleurs titres, comme Fantastic Man, sans que l’intéressé ne tienne à s’exprimer pour autant.

Le titre de cet album hommage « Who is William Onyeabor » (Qui est William Onyeabor ?), résume bien le personnage et ce côté insondable qui a participé à forger sa légende. En 2014, un documentaire baptisé « Fantastic man » ne lèvera pas beaucoup plus le voile sur sa vie et sa personnalité. Mais il témoigne de la trace qu’a laissée William Onyeabor et de l’influence qu’il a eue sur de nombreux artistes comme Damon Albarn, Alexis Taylor, Lijadu Sisters et Ghostpoet, qui ont tous participé à des concerts donnés en son honneur.

Dans les années 90, William Onyeabor avait tout de même pris la tête du syndicat des musiciens d’Enugu et la présidence du club de football local, les Enugu Rangers. Ce sont les dernières fonctions publiques qu’il ait accepté d’occuper. Aujourd’hui, il laisse derrière lui une femme, quatre enfants et autant de petits-enfants. Sans oublier toute une communauté de fans qui n’oublieront certainement pas le Fantastic Man.