L’Égypte considère le footballeur Mohamed Aboutrika comme un « terroriste »

Par Jeune Afrique avec AFP

L'ex-star du club cairote Al-Ahly et joueur emblématique des Pharaons Mohamed Aboutrika lors d'un mach de qualification de la Coupe du Monde le 19 novembre 2013. © Manu Brabo/AP/SIPA

Un tribunal du Caire a inscrit l'ancienne star du football Mohamed Aboutrika sur la liste des organisations et personnes considérées comme "terroristes" par les autorités, ont indiqué mardi son avocat et un responsable judiciaire.

Le joueur Mohamed Aboutrika est soupçonné par le gouvernement d’avoir financé la confrérie interdite des Frères musulmans, considérée depuis fin 2013 comme une « organisation terroriste ».

Lors de la campagne présidentielle de 2012, l’ancienne vedette du club cairote Al-Ahly qui a pris sa retraite en 2013, avait publiquement apporté son soutien au candidat issu de la confrérie désormais interdite des Frères musulmans, Mohamed Morsi, destitué un an plus tard par l’armée.

Son avocat Mohamed Osman a estimé que la décision du tribunal rendue mardi 17 janvier était « contraire à la loi », puisque son client « ne fait l’objet d’aucune condamnation, et qu’aucun chef d’accusation ne lui a été formellement notifié ». »Nous allons faire appel de cette décision devant la Cour de cassation », a assuré l’avocat à l’AFP.

Gels des avoirs

« S’il est inscrit sur la liste il y aura des conséquences légales, notamment l’interdiction de voyager », a-t-il ajouté. En effet, selon une loi anti-terroriste adoptée en 2015 par le régime d’Abdel Fattah al-Sissi, les personnes qualifiées de « terroristes » sont frappées d’une interdiction de quitter le territoire, leur passeport leur est retiré et leurs avoirs sont gelés.

En mai 2015, une commission du ministère de la Justice chargée de la confiscation d’avoirs appartenant aux Frères musulmans avait gelé ceux de Mohamed Aboutrika.

Quelques jours après cette mesure, celui qui est considéré comme le meilleur joueur égyptien de l’Histoire avec deux Coupes d’Afrique au compteur et 38 buts en 100 sélections, avait nié que sa société ou ses partenaires aient financé la confrérie islamiste.

Selon son avocat, Me Osman, ce gel est toujours en vigueur, malgré le rendu de deux décisions judiciaires réclamant sa levée.