L’argent des Africains : Abraham, journaliste et gérant d’une PME au Mali – 365 euros par mois

Abraham à l'hôtel Salam de Bamako, lors du séminaire d'une entreprise. Sa PME s'est chargée de la décoration de la salle. © DR

Abraham a 29 ans. Il est directeur d'une PME et journaliste au Mali. Son salaire s'élève à 240 000 francs CFA par mois, soit 365 euros. Pour ce nouvel épisode de la série l’argent des Africains, il nous ouvre son portefeuille et décortique ses dépenses.

Difficile de cerner le parcours professionnel d’Abraham, tant ses casquettes sont différentes. À Bamako, ce jeune diplômé d’une maîtrise de sciences économiques de l’USSGB redouble d’imagination pour vivre décemment.

La débrouille est sans doute le maître mot pour décrire le quotidien d’Abraham, qui travaille à la fois pour la PME de décoration qu’il dirige et comme… journaliste. Ce qui lui permet de cumuler deux revenus mensuels.

Journaliste : 60 euros par mois

Abraham travaille sans répit. La semaine, il est reporter pour le bi-hebdo Infosept, où il a commencé comme stagiaire puis s’est progressivement fait une place au sein de la rédaction. Il y couvre notamment l’actualité socio-économique et décrypte la vie politique malienne. Bien qu’il apprécie son emploi de journaliste, il déplore sa faible rémunération : sa rédaction le paie 60 euros par mois.

Il arrondit donc  ses fins de mois grâce à sa PME d’événementiel qu’il vient de créer. La petite entreprise s’occupe des décorations de salles de mariages et organise des événement pour les sociétés qui en font la demande. Elle gère également la locations de couverts et peut, à l’occasion, employer jusqu’à « 20 serveurs lorsque l’affluence est importante ».

Directeur de PME : 305 euros

Le jeune homme explique cependant que sa petite entreprise vit au rythme des aléas des commandes. Parfois, il se trouve contraint de vivre « sans salaire pendant plusieurs mois d’affilée ». Mais lorsque les commandes affluent, sa PME lui rapporte jusqu’à 457 euros.

Il répartit ses gains entre le salaire de ses employés et les frais de décoration pour ses clients. Il lui reste en moyenne 305 euros chaque mois.

Très studieux, il dépense 41 euros en forfait internet pour « suivre des MOOC sur France Université Numérique », notamment. Abraham rêverait de poursuivre ses études aux États-Unis dans le cadre d’un master complémentaire pour parachever sa formation en économie. Mais pour que le rêve devienne réalité, il doit passer le TOEFL, un examen permettant d’évaluer son niveau d’anglais et qui est nécessaire à l’obtention d’une bourse.

Abraham suit donc des cours d’anglais intensifs auprès d’un institut spécialisé à Bamako pour la somme de 20 euros. Il épargne par ailleurs 76,50 euros chaque mois pour ses études à l’étranger.

Lecteur assidu de la presse étrangère, il consacre une enveloppe de 15 euros aux magazines et journaux économiques. En tant que reporter, Abraham se déplace souvent et dépense environ 61 euros dans l’entretien et le carburant de sa mobylette. Un moyen de transport qui lui sert également pour ses virées entre amis à Bamako. À ce titre, Abraham veille à se réserver 55 euros, qu’il dépense dans les sorties au théâtre ou dans les concerts.

Abraham n’est pas marié. Il vit encore chez ses parents, qui se chargent du loyer et des courses alimentaires. Ce qui ne l’empêche pas de contribue aux dépenses du foyer familial en finançant les factures d’eau et d’électricité à hauteur de 61 euros. Il paie aussi l’abonnement familial à la télévision pour la somme de 38 euros.

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