Mali : l’armée française admet avoir tué un combattant mineur

Par Jeune Afrique avec AFP

Un hélicoptère de l'armée française patrouillant dans le nord du Mali, le 8 mars 2013. © Arnaud Roine/AP/SIPA

Des soldats français de la force Barkhane déployés dans le nord du Mali ont tué fin novembre un combattant "qui s'est avéré être un mineur" au cours d'une opération anti-terroriste visant un réseau de guetteurs, a affirmé vendredi le ministère de la Défense dans un communiqué.

Jeune Afrique avait publié plus tôt dans la journée des informations selon lesquelles des soldats français ont tué un enfant le 30 novembre au cours d’une patrouille dans l’extrême-nord du Mali, avant de l’enterrer en catimini.

« Le 30 novembre 2016, dans le cadre d’une opération menée par la force Barkhane dans la région d’Aguelhok (au nord de Kidal, ndlr), les armées françaises ont repéré un réseau de guetteurs agissant pour le compte d’un groupe armé terroriste ». Ce réseau « échangeait des informations relatives à un convoi logistique (…) approchant du secteur afin de permettre à des poseurs d’engins explosifs improvisés de tuer des soldats français », a expliqué le ministère dans son communiqué.

Le ministère a rappelé que « le même mode opératoire avait été employé le 4 novembre dernier pour l’action qui a conduit à la mort de l’adjudant Fabien Jacq », tué par un engin explosif au Mali qui avait également légèrement blessé quatre soldats.

Le guetteur était un mineur

« La force Barkhane a alors décidé l’intervention d’une patrouille d’hélicoptères afin de faire cesser cette menace », aboutissant à « la neutralisation d’un de ces guetteurs, qui s’est avéré être un mineur« , a conclu le ministère, précisant avoir « immédiatement » ordonné une enquête, « toujours en cours ».

Selon Jeune Afrique, qui a pu consulter le compte-rendu écrit d’une réunion fin décembre de militaires de la force Barkhane, un officier français a reconnu que des soldats avaient tiré sur un individu considéré comme étant un élément d’un groupe terroriste, avant de l’enterrer sommairement.

D’après la famille de la victime, il s’agissait d’un enfant âgé de 10 ans qui gardait des ânes. Le ministère de la Défense a refusé de commenter les informations relatives à l’âge du mineur et à son inhumation.

Ces informations sont révélées au jour de l’ouverture d’un sommet Afrique-France organisé à Bamako. Avant d’y participer, le président français François Hollande a rendu une visite éclair à Gao, principale ville du nord du Mali, à des troupes françaises et maliennes engagées dans la lutte contre les jihadistes.

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