Portables, tablettes, ordinateurs… le Togo défiscalise pour moderniser

Un homme vend des téléphone portable dans le quartier commercial de Ganhi à Cotonou, au Bénin, le 26 février 2016. © Gwenn Dubourthoumieu pour J.A.

La loi de finances 2017 adoptée fin décembre par le Parlement togolais prévoit la suppression des taxes à l'importation sur les terminaux mobiles et équipements informatiques destinés aux consommateurs togolais. Avec l'ambition de créer un marché du neuf, quasi inexistant pour l'heure.

La mesure résume à elle seule l’ambition affichée du Togo de faire des nouvelles technologies un moteur de développement. Annoncée à l’issue du Conseil des ministres du 7 avril 2016, la défiscalisation des terminaux mobiles et équipements informatiques est entrée en vigueur le 1er janvier.

Les arguments en faveur de la mesure sont nombreux. En effet, chaque année, des milliers de téléphones portables, tablettes et ordinateurs portables de mauvaise qualité et de seconde main sont déversés sur le marché togolais. « Ces équipements ne fournissent en réalité qu’une qualité minimale de service à leurs propriétaires qui se plaignent souvent de difficultés de réception de signaux GSM par exemple », explique Agnélé Mensah, ingénieure en réseaux télécommunications.

Si 4 657 321 personnes — sur une population estimée à 7 millions — étaient abonnées à des services de téléphonie mobile au Togo en 2015, les achats de terminaux mobiles neufs demeurent marginaux et stagnent selon les revendeurs de l’un des plus importants marchés de mobile situé à Dekon, au centre ville de Lomé.

« Supprimer les droits de douane représente donc un pas en avant contre la contrefaçon et la fraude pour garantir à tous les citoyens togolais une certaine qualité de service », s’est réjoui Cina Lawson, ministre des Postes et de l’Économie numérique.

Une perte de fiscalité minime.

Les importations de terminaux ont représenté, en 2014, 3% des taxes perçues sur le total des importations. En 2015, le montant de ces redevances serait de l’ordre de 100 à 150 millions de francs CFA (150 000 à 220 000 euros). Des chiffres très faibles « par rapport aux bénéfices que le Togo pourrait tirer de la démocratisation de ces outils », explique Cina Lawson.

Les opérateurs de téléphonie mobile —  Togocell et Moov — devraient également profiter de cette défiscalisation pour proposer des packs regroupant les terminaux mobiles et les cartes SIM à prix compétitifs à leurs clients. Ces derniers s’en remettent jusqu’à présent massivement au marché noir qui échappent à la fiscalité. Ces offres formelles sont pratiquement absentes aujourd’hui du marché.

Le gouvernement souhaite surtout booster le marché du neuf pour « permettre à toutes les populations de profiter pleinement des investissements réalisés par l’État » dans le domaine des technologies de l’information. Il s’agit également de promouvoir l’achat par les consommateurs de matériels modernes, respectant les nouvelles normes technologiques et environnementales.

La suppression des taxes sur les terminaux et équipements informatiques ne concerne néanmoins pas le matériel lourd comme les serveurs des grandes entreprises.

Des études seront réalisées périodiquement par le ministère des Postes et de l’Economie numérique pour quantifier les effets d’une mesure très populaire parmi les Togolais. Car peu de chiffres sur le nombre de tablettes, téléphones portables ou ordinateurs vendus neufs au Togo sont disponibles.

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