Soudan : Obama annonce la levée partielle des sanctions économiques américaines

Par Jeune Afrique avec AFP

Omar el-Béchir, le président soudanais, à Johannesburg, le 14 juin 2015. © Shiraaz Mohamed/AP/SIPA

Les États-Unis vont lever vendredi quelques sanctions économiques contre le Soudan en reconnaissance des progrès accomplis par Khartoum, a annoncé le président Barack Obama. Le pays restera toutefois sur la liste américaine des "États soutenant le terrorisme".

Dans un courrier adressé au Congrès et rendu public par la Maison Blanche, Barack Obama souligne en particulier « une réduction marquée des activités militaires, qui ont culminé dans un engagement à maintenir la cessation des hostilités dans les zones de conflit » et des efforts pour améliorer l’accès humanitaire à travers le pays.

Le président américain met aussi en exergue la coopération de Khartoum avec Washington pour « répondre aux conflits régionaux et à la menace du terrorisme ».

Cette décision prendra effet dans six mois, un délai qui vise « à encourager le gouvernement du Soudan à poursuivre ses efforts », précise l’exécutif américain. Elle ne remet toutefois pas en cause la présence du Soudan sur la liste américaine des « États soutenant le terrorisme ». Une liste dans laquelle figurent le Soudan, la Syrie et l’Iran (Cuba en a été retiré en 2015).

« Une menace extraordinaire à la sécurité nationale »

En novembre, Washington avait pourtant prolongé d’un an ses sanctions à l’encontre de Khartoum. Une décision justifiée à l’époque par un communiqué du président Obama : « Les actions et la politique du gouvernement du Soudan continuent de poser une menace extraordinaire à la sécurité nationale et à la politique étrangère des États-Unis ». Mais l’administration américaine avait également pris soin de préciser que les sanctions pourraient être levées à n’importe quel moment si le pays réalisait des progrès.

Le Soudan est sous embargo commercial des États-Unis depuis 1997. Les Américains accusaient alors le pays de soutenir des groupes islamistes armés. L’ex-chef du groupe jihadiste Al-Qaïda, Oussama Ben Laden, avait établi ses quartiers dans la capitale soudanaise entre 1992 et 1996.

Par la suite, les Américains ont dénoncé la politique du pouvoir soudanais dans le conflit qui l’oppose à des minorités rebelles, notamment dans la région occidentale du Darfour.

Génocide et crimes de guerre

Mais les relations bilatérales se sont améliorées ces dernières années, le secrétaire d’État John Kerry ayant rencontré à deux reprises son homologue soudanais. De son côté, l’émissaire américain pour le Soudan et le Soudan du Sud, Donald Booth, s’est rendu plusieurs fois à Khartoum. Ce qui avait donné lieu à des spéculations sur un possible allègement des sanctions.

Le conflit au Darfour, qui a fait 300 000 morts et 2,5 millions de déplacés selon l’ONU, reste néanmoins un sujet sensible entre les deux pays. En septembre 2015 et en septembre 2013, le département d’État n’avait pas accordé de visa au président Béchir pour l’Assemblée générale de l’ONU à New York en raison du mandat d’arrêt émis par la Cour pénale internationale (CPI) à son encontre. Omar el-Béchir est recherché pour des accusations de génocide, crimes de guerre et crimes contre l’humanité au Darfour.