Tunisie : deuxième jour d’affrontements entre police et manifestants à Ben Guerdane

Par Jeune Afrique avec AFP

Vue de la frontière entre la Tunisie et la Libye, à côté de Ben Guerdane, dans le sud-est de la Tunisie, le 6 février 2016. © Benjamin Wiacek/AP/SIPA

Des heurts ont à nouveau éclaté ce jeudi entre manifestants et policiers à Ben Guerdane dans le sud-est de la Tunisie. Le gouvernement a affirmé "gérer la situation" dans cette région en proie à de vives tensions sociales, liées notamment au passage des marchandises avec la Libye voisine.

Selon plusieurs témoignages recueillis par l’AFP, des manifestations suivies d’échauffourées ont de nouveau eu lieu jeudi 12 janvier, après une grève générale observée dans la journée, à Ben Guerdane, à la frontière libyenne. Les manifestants auraient lancé des pierres sur les forces de l’ordre, lesquelles auraient riposté en lançant des grenades lacrymogènes.

Des heurts similaires avaient déjà eu lieu mercredi 11 janvier dans cette région proche du point de passage de Ras Jedir.

Selon un responsable local du syndicat UGTT, Mohsen Lachiheb, les revendications des manifestants portent principalement sur « l’application d’une convention signée il y a une dizaine de jours entre deux commissions tuniso-libyennes pour déterminer le poids et la valeur des marchandises autorisées » à franchir la frontière.

Discussions tuniso-libyennes

Afin d’apaiser la tension sociale dans cette zone, les autorités tunisiennes se sont entretenues jeudi 12 janvier avec des représentants libyens au ministère des Affaires étrangères à Tunis, selon le porte-parole du gouvernement Iyed Dahmani.

« Nous suivons minutieusement la situation […]. Il y a le problème de la frontière du côté libyen et on est en train de gérer la situation », a renchéri le Premier ministre Youssef Chahed sur la radio Mosaïque FM.

D’après l’AFP, une délégation ministérielle doit se rendre à Ben Guerdane vendredi pour poursuivre des discussions, mais pour l’heure, aucune information n’a filtré sur la teneur des discussions tuniso-libyennes.

Frontière sous haute surveillance

Les autorités tunisiennes font valoir la difficulté de négocier avec la Libye, en raison du chaos politique prévalant dans ce pays. Après une longue paralysie du commerce transfrontalier marquée par des manifestations et une grève générale à Ben Guerdane, un précédent accord prévoyant l’instauration d’un nouveau régime douanier avait été signé en mai 2016.

Dans le sud-est de la Tunisie, où la contrebande est monnaie courante, la tension est vive depuis plusieurs mois, une partie de la population estimant être délaissée par le pouvoir central.

Les deux pays partagent quelque 500 km de frontière, essentiellement désertiques. La zone est sous haute surveillance sécuritaire, du fait du chaos sécuritaire et notamment de la présence de groupes jihadistes en Libye. En mars 2016, Ben Guerdane avait ainsi été la cible d’attaques simultanées attribuées à un groupe terroriste venu de Libye.