Somalie : le parlement renouvelle le mandat de son président, Mohamed Osman Jawari

Par Jeune Afrique avec AFP

Mohamed Osman Jawari voit son mandat renouvelé à la tête du parlement somalien. © AMISOM/CC/Wikimedia Commons

Les députés somaliens ont renouvelé le mandat de leur président ce mercredi, au cours d’un vote qui aura des répercussions sur l’élection du futur chef de l’État, en vertu du système clanique régissant la politique du pays.

Avec 141 voix sur les 259 députés présents, le président (speaker) du Parlement sortant, Mohamed Osman Jawari, a été réélu à son poste dès le premier tour, a indiqué à l’AFP ce mercredi 11 janvier Osman Elmi Boqore.

Celui-ci présidait la session parlementaire, à l’académie de police de Mogadiscio. Le vote s’est déroulé sous haute protection. Autour des lieux, plusieurs rues étaient fermées à la circulation, par peur d’un attentat des islamistes somaliens shebab, affiliés à Al-Qaïda.

Tractations entre clans

En Somalie, la politique est régie par les clans, qui ont pour habitude de se partager les postes les plus influents, comme celui de Président, de Premier ministre et de speaker. La réélection de Jawari (71 ans) signifie que son prédécesseur au poste de speaker, Sharif Hassan Sheikh Adan, doit renoncer à se présenter à l’élection présidentielle, car il appartient au même clan que lui : celui des Digil et Mirifle.

Les candidats restants pour le poste de chef de l’État sont tous issus des clans Hawiye et Darod. L’actuel président Hassan Sheikh Mohamud, 61 ans, est en lice pour sa propre succession. Lui-même est membre des Hawiye, comme son prédécesseur à la présidence, Sharif Sheikh Ahmed (52 ans), un ancien chef de l’Union des tribunaux islamiques de Somalie dont les shebab sont issus.

Pas d’État central

Au sein du clan Darod, les principaux candidats sont l’actuel Premier ministre Omar Abdirashid Ali Sharmarke (56 ans), et un ancien chef de gouvernement, Mohamed Abdullahi Mohamed (55 ans). Tous deux disposent d’une double nationalité, ayant vécu pendant des années respectivement au Canada et aux États-Unis.

La Somalie, privée de véritable État central avec la chute de l’autocrate Siad Barre en 1991, est plongée dans le chaos et la violence depuis.