Le Sénégal donne son feu vert à l’extradition de Toumba Diakité vers la Guinée

Par Jeune Afrique avec AFP

Le capitaine putschiste Moussa Dadis Camara et son aide de camp, également chef de la garde présidentielle, Abubakar "Toumba" Diakité, le 2 octobre 2009 à Conakry. © SCHALK VAN ZUYDAM/AP/SIPA

La justice sénégalaise a donné son feu vert à l'extradition du militaire guinéen Aboubacar Sidiki Diakité, dit Toumba Diakité, a affirmé mardi son avocat. L'ancien chef de la garde présidentielle de Dadis Camara avait été arrêté mi-décembre à Dakar.

La chambre d’accusation de la Cour d’appel de Dakar « a émis un favorable pour l’extradition » de Toumba Dialité, a déclaré à l’AFP son avocat, Me Baba Diop.

La chambre a ainsi rejeté la requête en annulation de la procédure initiée contre l’ancien militaire guinéen qui ne souhaitait pas être extradé dans son pays « pour des raisons de sécurité », avait déclaré son avocat fin décembre.

« Nous nous réjouissons de cette décision de la justice sénégalaise. Nous ne pouvions attendre mieux de nos collègues de Dakar », a affirmé à l’AFP le procureur général près la cour d’appel de Conakry, Moundjour Chérif.

Dans l’attente du décret présidentiel

La défense attend désormais le décret d’extradition du président de la République, car au Sénégal, en ce qui concerne les procédures d’extradition, le dernier mot revient au chef de l’État.

Selon la procédure, le ministère sénégalais de la justice doit saisir la présidence de la République sénégalaise « afin de prendre le décret d’extradition vers la Guinée de M. Toumba Diakité », a expliqué le procureur général, précisant : « Nous ne pouvons pas préjuger du délai » de cette procédure ».

Arrêté à Dakar

Arrêté le 16 décembre à Dakar où il  vivait sous une identité d’emprunt, Toumba Diakité faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international.

Il est soupçonné d’être responsable du massacre perpétré le 28 septembre 2009 dans le stade de Conakry, où 157 personnes sont mortes après que l’armée a ouvert le feu sur des milliers de manifestants venus protester contre la candidature à l’élection présidentielle de Moussa Dadis Camara.

Le militaire guinéen avait tenté le 3 décembre 2009 d’assassiner Moussa Dadis Camara, alors chef de la junte militaire au pouvoir en Guinée de 2008 à 2009, lui reprochant de vouloir lui faire porter l’entière responsabilité du massacre.