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Gambie : nouvelle mission de la Cedeao à Banjul pour convaincre Yahya Jammeh de quitter le pouvoir

Par Jeune Afrique avec AFP

Dernier meeting de l’ancien chef de l’État Yahya Jammeh, à Banjul, le 29 novembre. © BANGALY TOURE POUR JA

La Communauté des États d'Afrique de l'Ouest (Cedeao) qui appelle Yahya Jammeh à quitter le pouvoir depuis sa défaite à l'élection présidentielle en décembre, a annoncé ce lundi l'envoi d'une nouvelle mission à Banjul. Ses émissaires se rendront mercredi dans la capitale gambienne.

C’est à l’issue d’une réunion sur la crise post-électorale gambienne, lundi 9 janvier, à Abuja que le chef de la diplomatie nigériane Geoffrey Onyeama a annoncé l’envoi d’une nouvelle délégation de la Cedeao dans la capitale Gambienne.

Les émissaires – le président nigérian Muhammadu Buhari, la présidente libérienne Ellen Johnson Sirleaf et l’ex-chef de l’État ghanéen John Dramani Mahama – se rendront ainsi à Banjul mercredi 11 janvier. Les mêmes qui, le 13 décembre dernier, avaient échoué à convaincre Yahya Jammeh, au pouvoir depuis 22 ans, de céder sa place à la tête du pays à l’expiration de son mandat, le 19 janvier.

Selon Geoffrey Onyeama, ils vont « discuter avec le président Jammeh de l’impératif de respecter la Constitution ». Transition pacifique, intervention militaire en cas de blocage : « toutes les options sont sur la table », a expliqué le ministre nigérian des Affaires étrangères.

Le ministre de la communication démis

Sourd aux pressions internationales, Yahya Jammeh a assuré le 20 décembre qu’il ne céderait pas le pouvoir tant que la Cour suprême n’aurait pas statué sur ses recours contre les résultats de l’élection présidentielle. Le 31 décembre, le chef de l’État gambien, au pouvoir depuis 22 ans, avait par ailleurs accusé la Cédéao de partialité et exclu toute négociation avec elle.

Lundi 9 janvier au soir, le chef de l’État a mis fin aux  fonctions du ministre de la Communication Sheriff Bojang Jr, en poste depuis deux ans, a-t-on appris dans un communiqué. Ce dernier a été remplacé par un député, Seedy Njie.

Plus tôt dans la journée, le président gambien avait également limogé et rappelé à Banjul douze ambassadeurs accrédités à l’étranger, qui lui avaient demandé fin décembre de céder le pouvoir.  Parmi eux, figurent les ambassadeurs au Sénégal – unique voisin terrestre de la Gambie -, aux États-Unis, à l’ONU, en Russie et en Grande-Bretagne. Tous avaient « félicité le président élu Adama Barrow pour sa victoire ».

Par ailleurs, l’agence de renseignement gambienne (NIA) a refusé lundi d’appliquer une décision judiciaire ordonnant la libération sous caution d’un ex-responsable de la radio-télévision d’État, Momodou Sabally, arrêté par ses soins le 8 novembre, a indiqué à l’AFP une source judiciaire.

Recours examiné mardi 10 janvier

Ces limogeages et nominations interviennent alors que la Cour suprême doit en théorie se réunir ce mardi 10 janvier pour examiner les recours déposés par le parti de Yahya Jammeh. Celui-ci conteste les résultats du scrutin présidentiel du 1er décembre, qui donnent son rival Adama Barrow vainqueur avec 19 000 voix d’avance selon la Commission électorale indépendante (CEI).