Boko Haram : 1000 jours de captivité pour les lycéennes de Chibok

Par Jeune Afrique avec AFP

Les lycéennes de Chibok enlevées par Boko Haram dans une vidéo diffusée par le groupe terroriste, le 12 mai 2014. © AP/SIPA

Alors que le pays commémorait les 1000 jours de leur captivité, le président nigérian a déclaré dimanche espérer que les 195 lycéennes de Chibok toujours détenues par le groupe terroriste Boko Haram, seraient libérées prochainement.

« Le gouvernement nigérian reste mobilisé pour parvenir à la libération de ces jeunes filles enlevées il y a presque trois ans », a affirmé dimanche 8 janvier le chef de l’État, Muhammadu Buhari. Sur les 276 écolières – en majorité chrétiennes – enlevées par le groupe islamiste Boko Haram le 14 avril 2014 dans cette localité proche de la forêt de Sambisa, ancien fief du groupe, 195 sont toujours portées disparues.

« Nous espérons que plus (de jeunes filles) vont pouvoir revenir », a déclaré le président nigérian. « Les larmes ne s’assèchent jamais, la douleur est dans nos cœurs », a Muhammadu Buhari, réaffirmant que son gouvernement était résolument déterminé à retrouver ces jeunes filles.

Marche prévue

À Abuja, des activistes du groupe Bring Back Our Girls (« Ramenez-nous nos filles) se sont déclarés prêts à marcher jusqu’à la résidence présidentielle.

« On ne peut pas juste oublier que 195 (d’entre elles) sont toujours là-bas », a déclaré à l’AFP Aisha Yesufu, une réprésentante du groupe, qui s’est constitué après l’enlèvement des lycéennes. « Nous devons (…) les ramener à la maison », a-t-elle martelé.

« Si la fille du président Buhari avait été enlevée, resterait-il les bras croisés ? Ces jeunes filles sont des Nigérianes tout comme sa propre fille », a-t-elle lancé.

Une jeune lycéenne retrouvée

Jeudi, l’armée nigériane a annoncé avoir retrouvé une lycéenne de Chibok, qui a été découverte avec son bébé de 6 mois. Début novembre, une autre jeune fille avait également été retrouvée près de la frontière avec le Cameroun.

À la mi-octobre, le gouvernement nigérian avait réussi à négocier la libération de 21 d’entre elles, portant le nombre de lycéennes toujours disparues à 195 puisque, le jour même de l’enlèvement, 57 d’entre elles avaient réussi à s’échapper. Le porte-parole de la présidence avait alors affirmé que 83 autres lycéennes seraient libérables sous condition.

Les lycéennes de Chibok sont devenues le symbole de l’oppression islamiste qui ravage le nord-est du Nigeria depuis 2009, faisant au moins 20 000 morts. Des dizaines de milliers de personnes ont été kidnappées et 2,6 millions d’entre elles ont dû quitter leur foyer.