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Namibie : un recours collectif déposé à New York contre l’Allemagne pour génocide présumé

Par Jeune Afrique avec AFP

Des crânes de Hereros et Namas victimes de l'oppression du colonisateur allemand, exposé à Berlin le 29 septembre 2011. © Michael Sohn/NBC/AP/SIPA

Deux associations namibiennes ont déposé devant un tribunal de New York un recours collectif contre l'Allemagne pour obtenir réparations du génocide perpétré par les Allemands durant la période coloniale.

Le recours collectif, déposé jeudi par des associations de populations hereros et namas, demande également que leurs représentants participent aux négociations à ce sujet entre l’Allemagne et la Namibie. Les deux pays négocient actuellement une déclaration commune dans laquelle l’Allemagne entend s’excuser des massacres commis dans son ancienne colonie africaine. Mais Berlin considère ne pas avoir à verser de dédommagements compte tenu de l’aide au développement versée à la Namibie depuis son indépendance de l’Afrique du Sud en 1990.

Les plaignants ont souligné que le recours était déposé au nom de tous les Hereros et Namas dans le monde, à la recherche de réparations et de compensations pour le génocide subi durant la période coloniale allemande. Ils réclament également une reconnaissance officielle de leurs droits et l’assurance qu’aucun accord ne soit conclu sans leur assentiment.

Le premier génocide du XXe siècle

À Berlin, Martin Schaefer, un porte-parole du ministère des Affaires étrangères, a refusé de commenter cette plainte dont il n’avait pas pris connaissance. Mais il a indiqué que les négociations lancées il y a deux ans avec la Namibie visaient à dégager une voie commune pour le futur. « Les discussions avec la partie namibienne se déroulent bien de notre point de vue. Les pourparlers ne sont pas faciles car le sujet est délicat, mais ils se tiennent dans un esprit de confiance et de compréhension mutuelle », a-t-il ajouté.

D’après le recours déposé à New York, un tiers des terres des Hereros et des Namas ont été saisies par les colons entre 1885 et 1903, sans aucune compensation et avec le consentement explicite des autorités allemandes. Les associations dénoncent également la répression des soulèvements populaires par les Allemands en 1904-1905, qui a provoqué la mort de quelque 100 000 membres des peuples herero et nama. Ces massacres sont souvent considérés par les historiens comme le premier génocide du XXe siècle.

Parmi les plaignants figurent notamment Vekuii Rukoro, considéré comme le chef du peuple herero ; David Frederick, président de l’Association des autorités traditionnelles des Namas ; et l’Association aux État-Unis du génocide herero.

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