Afrique du Sud : la compagnie nationale d’électricité autorisée à couper l’approvisionnement de plusieurs villes

Par Jeune Afrique avec AFP

Lampadaire à Johannesburg le 14 février 2008. © DENIS FARRELL/AP/SIPA

La justice sud-africaine a autorisé jeudi la compagnie nationale d'électricité Eskom à couper l'électricité de municipalités qui avaient accumulé l'équivalent de quelque 500 millions d'euros de factures non payées.

Les lobbies AfriForum et AfriBusiness avaient saisi la justice pour tenter d’empêcher Eskom de punir les mauvais payeurs, estimant qu’une coupure pénaliserait les clients qui s’approvisionnent auprès des municipalités et sont à jour de leurs factures.

Mais la Haute Cour de Pretoria a donné jeudi raison à l’entreprise publique. Les dix municipalités concernées, qui représentent une population de plusieurs centaines de milliers de personnes, doivent un total de 7 milliards de rands (489 millions d’euros) d’arriérés à Eskom, a précisé à l’AFP le porte-parole de la société, Khulu Phasiwe.

Jusqu’au 16 janvier

La compagnie, qui a salué le jugement, a donné jusqu’au 16 janvier aux municipalités pour payer leurs factures, a-t-il ajouté.

Au lieu de couper totalement l’électricité, Eskom va opter pour une approche moins invasive d’interruptions programmées pendant certaines heures de la journée, le matin et l’après-midi, a indiqué la compagnie dans un communiqué. Ce qui n’épargnera pas les particuliers qui ont payé leurs factures en bonne et due forme.

Les industries épargnées

En revanche, les industries, qui s’approvisionnent pour la plupart directement auprès d’Eskom, ne subiront pas de coupure, a-t-il précisé.

Les municipalités représentent (…) près de 41% des revenus annuels d’Eskom, donc un défaut de paiement a un impact significatif, a expliqué la compagnie dans son communiqué.

AfriForum et AfriBusiness ont eux fait part de leur déception à l’annonce du jugement. Des maisons de retraite, des hôpitaux, des écoles, des services d’urgence sont désavantagés à cause d’une culture du non-paiement de la part de certains résidents et en raison de la mauvaise gestion de certaines municipalités, ont dénoncé les deux organisations.