CAN 2017 : Appindangoye analyse les chances du Gabon

Des supporteurs gabonais pendant la précédente CAN, en Guinée équatoriale, le 20 janvier 2015. © Themba Hadebe/AP/SIPA

À seulement 24 ans, Aaron Appindangoye (Stade Lavallois) est un des cadres de la sélection gabonaise. L’ancien défenseur du CF Mounana évoque pour Jeune Afrique la préparation des Panthères pour la CAN que son pays organise du 14 janvier au 5 février, dans un climat un peu particulier.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ? La question pourrait être posée aux Panthères du Gabon, dont le bilan de l’année 2016, plutôt compliqué, ne permet pas d’augurer à coup sûr de bonnes performances à la CAN que le pays s’apprête à accueillir. La nomination fin novembre de l’Espagnol José Antonio Camacho (61 ans), qui n’a jamais travaillé et Afrique et ne parle pas un mot de français, a surpris, y compris parmi les joueurs.

Le successeur du Portugais Jorge Costa, remercié quelques semaines plus tôt, n’a pas pris le risque de bouleverser un effectif qu’il découvre à peine et qui reste malgré tout sur deux bons matches nuls (0-0) face au Maroc et au Mali, en qualifications pour la Coupe du monde 2018. « Cela peut paraître en effet un peu bizarre de changer de sélectionneur un mois et demi avant la CAN. Mais Camacho a dirigé de grosses équipes (Espagne, Real Madrid, Benfica…), il est expérimenté et il y a un groupe qui est en place », temporise Aaron Appindangoye.

« Faire en sorte que le Gabon gagne »

Avec ses 35 sélections, le défenseur de Laval (France, Ligue 2) est l’un des tauliers d’une équipe qui possède plusieurs individualités remarquables (Aubameyang, Lemina, Ndong, Ecuele Manga, Ovono, Evouna…) mais n’est pas réputée pour être la plus soudée du continent. « Il faut nuancer ce qu’on a pu entendre. L’ambiance au sein du groupe reste très correcte. Comme partout, il peut y avoir des désaccords, des frictions, mais on vit plutôt bien ensemble. On a des affinités avec certains et moins avec d’autres. Il existe malgré tout une vraie solidarité et nous avons tous un objectif commun, faire en sorte que le Gabon gagne. »

« Créer une dynamique autour de la sélection »

En tant que pays organisateur, le Gabon voit peser sur ses épaules une pression naturelle, alors que les Panthères sont considérées au mieux comme des outsiders. « Nos supporters attendent beaucoup de nous et c’est logique. La pression est là, mais le Gabon n’est pas la Côte d’Ivoire, l’Égypte ou l’Algérie. Elle reste raisonnable, car nous sommes un petit pays », poursuit Appindangoye, à qui il n’a pas échappé que l’organisation de la CAN n’avait pas trouvé un écho totalement favorable chez lui. « Nous savons que des Gabonais estiment que le pays a d’autres priorités et qu’ils ne voulaient pas de ce tournoi. Nous allons essayer de créer une dynamique autour de la sélection. »

« Attention au premier match conter la Guinée-Bissau »

Cela passera au moins par une qualification pour les quarts de finale, un objectif à la portée des Panthères, même si la composition de leur groupe au premier tour révèle de nombreux pièges. « À commencer par la Guinée-Bissau, que nous affronterons en match d’ouverture le 14 janvier à Libreville. Ce sera peut-être même la rencontre la plus difficile, face à un adversaire qui disputera sa première finale et qui n’aura rien à perdre. Négliger cette équipe serait une grave erreur », insiste Appindangoye.

Le Cameroun et le Burkina Faso, les deux autres sélections qui complètent ce groupe A, sont plus familières au défenseur gabonais. « A priori, ce seront les deux autres principaux candidats à une qualifications pour les quarts. Le Cameroun connaît pas mal de problèmes avec les défections de plusieurs joueurs, mais cela reste un gros morceau. Et le Burkina Faso est un habitué des phases finales. C’est solide et difficile à jouer. De toute manière, si on veut aller loin, il faudra être meilleurs qu’eux… »

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