Algérie : les réserves de change continuent de baisser

Par Jeune Afrique

Le premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal, à Tunis, le 29 mars 2015. © Emmanuel Dunand/AP/SIPA

La chute vertigineuse des prix du pétrole (45 dollars en novembre dernier contre 100 dollars en juin 2014) a alourdi les finances publiques de l’Algérie, très dépendante de l'or noir. Pour amortir le choc en l'absence d'une réelle diversification économique, le pays continue de puiser dans ses réserves de change.

Alors qu’elles s’élevaient encore à 178,938 milliards de dollars fin décembre 2014, les réserves de change continuent de chuter, se situant à 114 milliards de dollars fin 2016. Début décembre, Mohamed Loukal, le gouverneur de la Banque d’Algérie, avait annoncé qu’elles oscilleraient entre 117 et 118 milliards de dollars fin 2016 contre 119 milliards de dollars fin octobre.

Recettes pétrolières diminuées de moitié 

Dans son rapport sur les perspectives économiques mondiales publié en juin dernier, la Banque mondiale s’inquiétait de la vulnérabilité du pays et pointait du doigt l’utilisation accrue des réserves de change en raison de l’inflation, de la dépréciation de la monnaie nationale et du financement du déficit public.

De fait, la chute des prix de l’or noir, amorcée mi-2014, a porté un coup sévère aux finances publiques algériennes qui dépendent très largement de la manne pétrolière – à hauteur de plus de 95% de ses recettes extérieures et 60% du budget de l’État. En avril dernier, l’institution financière basée à Washington indiquait que « les exportations d’hydrocarbures ont chuté, partant d’un pic de 36 % du PIB en 2011, à 19% du PIB en 2015, tandis que les recettes provenant des hydrocarbures ont reculé, d’un pic de 27,4 % du PIB à 14 % du PIB ».

Selon les derniers chiffres officiels, les recettes de la manne pétrolière ont encore chuté en 2016 pour atteindre 27,5 milliards de dollars contre 35,72 milliards de dollars en 2015. Pour rappel, elles caracolaient encore à 60,3 milliards de dollars en 2014.

Sortir du tout pétrole 

Dans un tel contexte, et pour sortir de cette dépendance aux fluctuations du prix du baril, de nombreux rapports d’experts ou de la société civile insistent depuis plusieurs années déjà, sur la nécessité pour l’Algérie de diversifier son économie.

Lors d’une allocution télévisée le mercredi 28 décembre, le Premier ministre algérien, Abdelmalek Sellal a assuré que son pays était engagé dans un nouveau paradigme de croissance pour sortir du tout pétrole. Il a toutefois promis que les subventions sociales (en dépit d’une hausse de la TVA sur certains produits de consommation) seraient maintenues.

Une note de Reuters parue jeudi 29 décembre indique que les prix du pétrole devraient progressivement monter vers 60 dollars le baril d’ici fin 2017 à la faveur d’un rééquilibrage du marché mondial. Mais un tel scénario dépendra notamment du respect de l’accord de réduction de la production acté par l’Opep fin novembre, de la reprise ou non de la production américaine de pétrole non conventionnel, et de l’évolution du contexte géopolitique en Libye et au Nigeria.