Gambie : Ban Ki-moon félicite Adama Barrow pour sa victoire à l’élection présidentielle

Par Jeune Afrique avec AFP

Adama Barrow pendant la campagne présidentielle gambienne, dans le district de Talinding, le 29 novembre 2016. © Jerome Delay/AP/SIPA

Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a félicité Adama Barrow pour sa victoire à l’élection présidentielle en Gambie, et a appelé à un transfert « pacifique, rapide et ordonné » du pouvoir.

Dans sa conversation téléphonique avec Adama Barrow, Ban Ki-moon a confirmé que les Nations Unies ont « favorablement accueilli et pleinement appuyé les décisions de la Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest (Cedeao) du 17 décembre sur la Gambie », a fait savoir un communiqué publié par l’ONU le jeudi 29 décembre.

La Cedeao, réunie à Abuja, avait demandé au président sortant Yahya Jammeh de reconnaître sa défaite et décidé qu’Adama Barrow serait investi normalement le 19 janvier.

L’ONU soutient un « transfert pacifique » du pouvoir

Le Secrétaire général a également réitéré l’engagement de l’Organisation à soutenir un « transfert pacifique, rapide et ordonné du pouvoir dans le plein respect de la volonté du peuple gambien », ainsi que les « efforts visant à promouvoir la démocratie et à réaliser un développement durable en Gambie », selon cette même source.

Il a par ailleurs « encouragé » le nouveau président élu à « demander à ses partisans de faire preuve de retenue et de ne pas recourir à la violence »

Ban Ki-moon, qui quitte ses fonctions dans quelques jours, aurait tenté de contacter Yahya Jammeh, en vain pour l’instant. Le président sortant, qui avait dans un premier temps reconnu sa défaite et félicité Adama Barrow, a ensuite fait volte-face le 9 décembre, rejetant les résultats et réclamant un nouveau scrutin. Le 13 décembre, il a en outre posé un recours devant la Cour suprême gambienne contre les résultats du vote.

« Je ne partirai pas tant que la justice n’aura pas tranché, la Cedeao essaie de me pousser dehors, cela n’arrivera pas. Tant que la Cour n’aura pas rendu sa décision sur cette affaire, il n’y aura pas d’investiture le 19 janvier » a-t-il déclaré le 20 décembre. D’après la Constitution, son mandat expire le 19 janvier.

Réouverture de la commission électorale

Yahya Jammeh a d’ailleurs ordonné la réouverture de la commission électorale indépendante (IEC) fermée par les forces de sécurité depuis le 13 décembre, via un décret rendu public le 29 décembre à Banjul. « […] Son personnel peut reprendre le travail avec effet immédiat mais la présence de forces de sécurité sera maintenue autour de son siège », indique le décret présidentiel.

La Cour suprême doit examiner le recours de Yahya Jammeh le 10 janvier, selon son président, le juge nigérian Emmanuel Fagbenle. Le 21 décembre, cette institution avait convoqué les différentes parties concernées par la requête puis renvoyé la réunion, à la demande des avocats de Yahya Jammeh, en raison de l’absence de représentants de l’IEC. Celle-ci assure ne pas avoir reçu la convocation de son client.

Avec sa réouverture effective, la commission électorale pourrait recevoir ladite convocation et, ainsi, permettre la poursuite du processus.