Burundi : des syndicalistes arrêtés pour leur activité dans la filière du thé

Par Jeune Afrique avec AFP

Des membres de la police burundaise à Bujumbura, le 20 juillet 2015. © Jerome Delay/AP/SIPA

Un responsable syndical a annoncé ce jeudi que la police burundaise avait arrêté le président de la principale confédération syndicale du pays et trois de ses camarades pour leurs activités dans la filière du thé. Celle-ci est cruciale pour l'export.

« Quatre syndicalistes, dont le président de la Cosybu [Confédération des syndicats du Burundi], Tharcisse Gahungu, se sont rendus [mercredi 28 décembre] à Ijenda, à 30 km de Bujumbura, pour aider [les producteurs de thé] de cette zone à préparer une assemblée constitutive de leur syndicat », prévue jeudi 29 décembre, a rapporté Célestin Nsavyimana, le vice-président de la confédération. À l’en croire, c’est là-bas que les quatre syndicats ont été arrêtés.

Aucune raison officielle n’a été donnée pour expliquer leur arrestation, mais dans une lettre consultée par l’AFP, le directeur général de l’Office du thé du Burundi (OTB) a exhorté les autorités à « prendre toutes les mesures nécessaires pour empêcher la réunion prévue en vue de constituer un syndicat des théiculteurs du Burundi ».

La lettre ajoute qu’ « un syndicat serait de nature à créer le désordre et le chaos dans la filière du thé en montant les théiculteurs contre leur traditionnel partenaire, l’OTB, alors qu’ils sont déjà organisés en association », encadrée par l’office lui-même.

« libération immédiate » exigée

En arrêtant le président de la Cosybu et ses camarades, « le gouvernement a bafoué la Constitution du Burundi » estime Célestin Nsavyimana, qui a « exigé leur libération immédiate et sans conditions ».

La culture du thé au Burundi, essentiellement entre les mains de petits producteurs, est une des principales sources d’exportations du pays, après le café.