Entreprises : les deals africains de l’année 2016

Par Jeune Afrique

Dans les locaux de l'entreprise Safina, à Dakar, au Sénégal. © Sylvain Cherkaoui pour Jeune Afrique

Investissements, déroutes, annonces, litiges... Voici notre sélection des événements qui ont marqué la vie des entreprises du continent, de janvier à décembre.

Janvier

Au large du Sénégal et de la Mauritanie, les découvertes de gaz s’accumulent

Le groupe américain Kosmos a indiqué en janvier avoir découvert du gaz dans la partie sénégalaise d’un champ d’hydrocarbures situé à cheval entre le Sénégal et la Mauritanie. Une découverte similaire avait été réalisée l’an dernier, du côté mauritanien. Selon Kosmos, les réserves du site transfrontalier pourraient atteindre 17 000 milliards de pieds cubes de gaz. Elles seront revues à la hausse après de nouvelles découvertes, plus tard dans l’année.

Mars

Les grandes ambitions du phosphate marocain

Alexandre DUPEYRON/JA

Plateforme de l'OCP de Jorf Lasfar à El Jadida. © Alexandre DUPEYRON/JA

Le géant marocain des phosphates lance une filiale dévolue au sud du Sahara. Objectif : multiplier par cinq ses ventes dans la région d’ici à 2025. Illustration de ces ambitions quelques mois plus tard en Éthiopie : après avoir raflé à la mi-octobre le gros du contrat annuel d’approvisionnement en engrais du pays, l’Office chérifien des phosphates (OCP) vient d’y lancer un méga projet de production.

 Barclays se retire du continent

La banque britannique Barclays annonce le 1er mars par la voix de son directeur général, Jes Staley, sa décision de réduire drastiquement sa participation (actuellement de 62,3 %) dans sa filiale africaine Barclays Africa Group Limited. Évoqué depuis plusieurs semaines par la presse anglaise, le Brexit africain de Barclays, présent depuis 1925 sur le continent, reste un choc. Deux mois plus tard, 12% sont vendus. En octobre, Attijariwafa bank et le britannique Barclays Bank rendent publique la cession de Barclays Bank Egypt au groupe bancaire marocain.

KO pour la société marocaine de raffinage

Depuis qu’il a racheté la raffinerie, en 1997, le saoudien Corral a rechigné à investir… Tout en accumulant beaucoup de dettes. Au point que le tribunal de commerce de Casablanca a décidé la liquidation judiciaire de la Société anonyme marocaine de l’industrie du raffinage. La Cour d’appel de Casablanca a confirmé la décision en juin.

Avril

Renault et Boeing débarquent au Maroc

Le constructeur français Renault a signé le 8 avril des partenariats avec le Maroc prévoyant environ 10 milliards de dirhams (909 millions d’euros) d’investissements en vue de bâtir une écosystème industriel dans le royaume. En septembre, c’est au tour de l’avionneur américain de s’implanter en force au Maroc, en créant un écosystème qui devra générer un milliard de dollars de chiffre d’affaires supplémentaire à l’export.

Sénégal Airlines enterré

Créé en 2009 avec un capital détenu à 64% par des privés nationaux et le reste par l’État du Sénégal, le transporteur traînait un endettement de plus de 65 milliards de F CFA (environ 100 millions d’euros). Une nouvelle compagnie, Air Sénégal, a été officiellement créée en avril mais elle n’est pas encore opérationnelle.

Mai

La plus grande mine de cuivre de RDC change de main

Gwenn Dubourthoumieu pour Jeune Afrique

Siège social de Tenke Fungurume Mining, à Lubumbashi, le 09 mars 2015. © Gwenn Dubourthoumieu pour Jeune Afrique

Le groupe américain Freeport-McMoran a annoncé en mai être parvenu à un accord portant sur la cession de la mine congolaise de Tenke Fungurume (RD Congo) au groupe chinois China Molybdenum pour plus de 2,6 milliards de dollars. Ce complexe extractif et industriel n’est rien de moins que la première mine de cuivre de la RD Congo. Détentrice de 20% des parts du projet, la Gécamines entend bien empêcher la revente sans son accord. L’opération n’est toujours pas finalisée.

Transports : 687 millions d’euros mobilisés pour le train express de Dakar

OMAR SEFOUANE POUR J.A.

Assemblés à l'usine de Cital, à Annaba, les modèles d'Alstom dominent le marché algérien des tramways. C'est également Alstom qui a remporté le matériel roulant du TER dakarois. © OMAR SEFOUANE POUR J.A.

Le financement d’un des projets d’infrastructures les plus emblématiques du mandat de Macky Sall a été bouclé mercredi 11 mai à Dakar entre les différents partenaires. Le projet de construction du Train express régional (TER) entre Dakar et le futur aéroport international Blaise-Diagne (AIBD) doit être achevé en 2019.

Juin

Vivendi ouvre sa première salle CanalOlympia au Cameroun

La première salle CanalOlympia a été inaugurée à Yaoundé. Vivendi, présidé par le patron français Vincent Bolloré, prévoit l’ouverture d’autres salles du même type cette année au Bénin, en Guinée, au Sénégal et au Togo. Une cinquantaine au total.

 JACQUES BRINON/AP/SIPA

Vue du siège de Vivendi à Paris. © JACQUES BRINON/AP/SIPA

Juillet

Total riposte sur la fiscalité algérienne des hydrocarbures

Total a lancé en juillet une procédure d’arbitrage pour contester la façon dont l’Algérie a rétroactivement modifié le partage des profits tirés du pétrole et du gaz. Mais la sentence rendue le 9 octobre à Genève en faveur de l’algérien Sonatrach contre l’espagnol Repsol n’est pas de bon augure. La perspective d’une solution de conciliation s’éloigne.

Jacques Brinon/AP/SIPA

Vue du siège de Total à la Défense, en région parisienne. © Jacques Brinon/AP/SIPA

Septembre

Monsanto se retire du Burkina

Dans un e-mail envoyé à ses amis et collaborateurs le 23 septembre, Doulaye Traoré, le représentant de Monsanto en Afrique de l’Ouest, basé à Bobo-Dioulasso, annonce que la firme américaine spécialisée dans les pesticides et les OGM « a décidé de suspendre ses activités au Burkina Faso ».

Deux raisons sont avancées : le rachat de Monsanto par le groupe allemand Bayer, annoncé mi-septembre ; et la décision de la filière coton burkinabè, prise en mai dernier, de ne plus cultiver le coton Bt fourni par Monsanto, jugé décevant tant sur le plan du rendement que sur celui de la qualité de la fibre.

 Jaomes A. Finley/AP/SIPA

Monsanto attend beaucoup du projet de règlement de l'UEMOA sur la "prévention des risques biotechnologiques en Afrique de l'Ouest". © Jaomes A. Finley/AP/SIPA

Octobre

Les devises qui font dévisser Jumia

Le spécialiste panafricain de l’e-commerce voit son chiffre d’affaires s’effondrer, confirmant un mauvais début d’année. En interne, on explique la chute par la situation au Nigeria, le premier marché de l’e-commerçant, où l’économie est entrée en récession et où la monnaie nationale, le naira, a dégringolé.

Condamnation historique d’Exxon au Tchad

Le Tribunal de grande instance de N’Djamena a condamné le 5 octobre le consortium pétrolier de Doba qui était poursuivi par le ministère des Finances et du Budget pour des redevances pétrolières impayées. Le montant est à peine croyable : 68,1 milliards d’euros.

Le consortium est dirigé par l’américain ExxonMobil, qui exploite le bassin de Doba dans le sud du pays et payait depuis 2009 une redevance située en dessous du taux légal de 2% selon le ministère. L’amende fait évidemment l’objet de contestations de la part des industriels.

Guinée : Rio Tinto se retire du Simandou après 20 ans de tergiversations

La Guinée, l’anglo-australien Rio Tinto et le chinois Chinalco sont parvenus fin octobre à un accord sur les conditions du transfert de la totalité des parts de Rio Tinto à Chinalco dans le développement de la partie sud du Simandou, où se trouve le plus grand gisement de fer du continent. Les premières prospections de Rio Tinto datent de 1996.

Novembre

RDC : Liquidation de la 4e banque commerciale du pays

La Banque internationale pour l’Afrique au Congo (Biac), la quatrième banque congolaise, contrôlée par le groupe Elwyn Blattner, a annoncé mardi dans un communiqué sa liquidation volontaire – décision prise en assemblée générale extraordinaire le 4 novembre selon les informations de JA. La Biac était en grandes difficultés depuis plusieurs mois.

Baudouin Mouanda pour JA

Siege de la BIAC à Kinshasa (RDC) en septembre 2012. © Baudouin Mouanda pour JA

Décembre

Volkswagen assemblera ses voitures au Rwanda

Le groupe allemand a inauguré une usine d’assemblage près de Nairobi — 40 ans après la fin de l’assemblage de Coccinelles dans le pays. Il a signé dans la foulée, la veille de Noël, un mémorandum d’entente pour l’ouverture d’une deuxième usine à Kigali qui devrait voir le jour à la fin 2017.

Philipp von Ditfurth/AP/SIPA

Le PDG de Volkswagen le 22 novembre 2016. © Philipp von Ditfurth/AP/SIPA