Algérie : plus de 54 000 personnes poursuivies pour terrorisme

Armes appartenant au groupe Jund Al-Khalifa, saisies en décembre 2014 lors de l'opération anti-terroriste lancée en Algérie suite à l'assassinat du Français Hervé Gourdel. © Ministère algérien de la Défense/AP/SIPA

Selon le ministre algérien de la Justice, Tayeb Louh, au moins 54 000 personnes seraient poursuivies pour terrorisme. Un bilan qui englobe les combattants ayant bénéficié de l'amnistie présidentielle de 2000.

Ce sont plus précisément 54 475 personnes qui seraient poursuivies par les autorités algériennes pour crimes terroristes, si l’on en croit les bases de données du ministère de la Justice et les récentes déclaration de Tayeb Louis. Celui-ci a indiqué ce lundi 26 décembre que ce recensement rendait compte de la situation au 21 décembre 2016.

Une base de données centralisée

Le ministre, qui s’exprimait devant les membres du Conseil de la nation (Sénat), n’a pas livré plus de détails sur les personnes poursuivies pour terrorisme, ni sur la nature des faits qui leur sont reprochés.

Il a simplement expliqué que « le ministère de la Justice avait mis en place une base de données centralisée et sécurisée pour les individus poursuivis pour crime terroristes […], y compris ceux ayant bénéficié des mesures de la loi sur le réconciliation nationale », rapporte l’agence officielle APS.

Entrée en vigueur en janvier 2000, cette loi de réconciliation nationale, décrétée par Abdelaziz Bouteflika pour réconcilier les Algériens après une décennie de guerre civile, avait conduit à l’amnistie de 6000 combattants de l’Armée islamique du salut (AIS, la branche militaire du Front islamique du salut, le FIS).

Traitement rapide des dossiers

La base de données recensant les personnes poursuivies pour terrorisme a pu être constituée grâce aux « juridictions compétentes qui signaient par voie électronique les interdictions de sortie du territoire, les prorogations ou levées des interdiction grâce à une application [numérique] de gestion du dossier judiciaire. Ces documents sont ensuite envoyés aux services de police judiciaire, pour permettre à ce corps de les consulter instantanément ».

Surveillance des frontières avec la Libye

De plus en plus confrontée au terrorisme, l’armée algérienne dit avoir neutralisé 350 terroristes depuis début 2016. Elle traque les derniers vétérans des maquis et essaie aussi de sécuriser ses frontières avec la Libye, notamment les zones abritant les sites gaziers et pétroliers, cibles de groupes armés.