Guinée-Turquie : Alpha Condé à Ankara le 25 décembre

Le président guinéen Alpha Condé. © Vincent Fournier/JA

Le 25 décembre, Alpha Condé, le président guinéen s’est envolé pour la Turquie. Au menu : coopération sur les plans militaire et économique.

Mohamed Diané, le ministre de la Défense, Malado Kaba celle de l’Économie, et Makalé Camara, celle des Affaires étrangères, ont voyagé avec lui, ainsi qu’une centaine d’hommes d’affaires du secteur privé.

L’enjeu n’est pas minime pour la Guinée, qui avait reçu Recep Tayyip Erdogan, en mars 2016. Les investissements turcs sont ardemment recherchés par la Conakry, dont les échanges économiques avec la Turquie sont aujourd’hui de 69 millions de dollars. Un potentiel à développer… C’est ce que Alpha Condé s’est attaché à rappeler à ses partenaires turcs.

Le député et président de la commission des Affaires étrangères, Diao Kanté, rappelle que les relations guinéo-turques « sont au beau fixe. Il est même question de la suppression des visas entre les deux pays ».

Coopération sur le plan militaire

Parmi les conventions déjà signées en mars, deux portaient sur la coopération militaire. Elles ont été adoptées fin octobre par les députés guinéens, et définissent  un partenariat sur « la formation, la médecine militaire ou encore la lutte contre le terrorisme et l’échange d’expérience entre [les] deux armées », a précisé le ministre guinéen de la Défense.

Elles mettaient également en place un fonds d’une valeur de 600 millions de francs guinéens (64 000 euros), qui sera géré par les Turcs. « Le montant est destiné à couvrir les frais de séjour de militaires guinéens en Turquie pour leur formation », précise-t-on.

Les bénéficiaires de cette formation séjourneront dans les centres d’excellence pour la défense contre le terrorisme et pour la sécurité maritime multinationale.

Fermeture de la Citadelle Gülen

Les bonnes relations guinéo-turques s’expliquent par la proximité entre les présidents Condé et Erdogan. Le premier n’a pas hésité avant de faire fermer, sur demande d’Ankara, le complexe scolaire « Citadelle ». C’est que l’établissement  – qui a changé de nom et s’appelle désormais « les écoles Maarif turco-guinéennes » –  avait été ouvert en 2003 par un homme d’affaires turc proche de l’imam Fethullah Gülen. Celui-là même qui est accusé par le pouvoir turc d’avoir fomenté le coup d’État raté de juillet 2016 contre le président Recep Tayyip Erdogan… Dans cette lutte acharné entre les deux hommes, qui a largement dépassé les frontières de la Turquie, il fallait choisir son camp. Condé l’a fait.