Bilan : par quels tournants économiques l’Afrique est-elle passée en 2016 ?

Par Jeune Afrique

Échangeur du pont Henri Konan Bédié, dans le quartier de Marcory à Abidjan, en mars 2016 © Jacques Torregano pour JA

Un écolo nigérian à la tête de l’Opep, Isabel dos Santos qui prend la tête de la compagnie pétrolière angolaise Sonangol, le Nigeria officiellement entré en récession... Voici un condensé des principaux tournants économiques pris par le continent durant l'année 2016.

Pétrole : l’Angola, l’Algérie et le Gabon réduiront leur production de 137 000 barils par jour

Sidali Djarboub/AP/SIPA

Noureddine Boutarfa, le ministre algérien de l'Énergie, et Mohammed Barkindo le secrétaire général de l'OPEP quittent la conférence de l'OPEP à Alger le 28 septembre 2016. © Sidali Djarboub/AP/SIPA

L’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) a annoncé le 30 novembre à Vienne un accord de ses membres – le premier du genre en huit ans – pour une réduction de 1,164 millions de barils par jour de leur production totale censée amorcer une reprise des cours. Les producteurs africains membres de l’Opep, au nombre de cinq, ne sont pas tous logés à la même enseigne. L’Angola et l’Algérie, respectivement premier et troisième producteurs de pétrole en Afrique, vont devoir réduire leur production de 78 000 et 50 000 barils par jour ; le « petit » producteur qu’est le Gabon, dont la production est en baisse depuis plusieurs années, ne s’est engagé que sur 9 000 b/j en moins qu’à l’heure actuelle ; mais la Libye et le Nigeria, deuxième producteur du continent, sont exemptés de quotas du fait de la guerre civile pour le premier et des difficultés dans le delta du Niger pour le second.

Côte d’Ivoire : 800 à 900 employés de la BAD quitteront Abidjan d’ici un an et demi

Emilie Regnier pour JA

Le siège de la BAD à Abidjan, en janvier 2014. © Emilie Regnier pour JA

Ce programme de décentralisation est un axe important de la réforme organisationnelle menée par Akinwumi Adesina, président de la BAD depuis le 1er septembre 2015. Le Nigérian estime en effet nécessaire de mettre en place des bureaux régionaux bien dotés en ressources humaines, afin d’être plus proche du terrain et d’augmenter l’impact économique de la banque.

Télécoms : l’Afrique dépasse le milliard d’abonnés mobile

 SYLVAIN CHERKAOUI POUR J.A.

Usagers de smartphones au Sénégal © SYLVAIN CHERKAOUI POUR J.A.

Fin 2016, le continent comptera plus d’un milliard de puces téléphoniques actives selon le dernier rapport du cabinet d’intelligence économique Ovum publié en ouverture du salon Africacom organisé au Cap du 15 au 17 novembre. Elles n’étaient que quelques dizaines de milliers à la fin des années 1990. Bien que la croissance des abonnés ralentisse désormais, leur nombre continuera a progresser dans les prochaines années pour atteindre 1,3 milliard en 2021.

La Guinée se tourne résolument vers la Chine

Lintao Zhang/AP/SIPA

Alpha Condé lors d'une précédente visite officielle en Chine, le 16 septembre 2011. © Lintao Zhang/AP/SIPA

« La Guinée n’est la chasse gardée de personne, mais la Chine est le premier acheteur de nos minerais et le seul pays à s’engager à nos côtés avec une telle constance. Je crois en la coopération Sud-Sud et j’ai besoin de résultats », disait Alpha Condé, arrivé au pouvoir en Guinée en 2010 à 70 ans passés, dans un entretien à Jeune Afrique en novembre. Un partenariat stratégique dont Guinée et Chine ont discuté à Pékin à l’occasion d’un déplacement de 10 jours. Mines, hydroélectricité, eau potable… les entreprises chinoises ont montré leur intérêt pour un grand nombre de secteurs guinéens. Au total, entre trente et quarante entreprises chinoises ont été reçues par la délégation guinéenne.

McKinsey vante à nouveau le potentiel économique africain malgré la conjoncture

Vincent Fournier/JA

Construction d'avenues et de routes dans et autour de Niamey (Niger), par l'entreprise Sogea-Satom en janvier 2016. © Vincent Fournier/JA

Le prestigieux cabinet de conseil américain présente la deuxième édition de son rapport d’analyse très attendu sur les économies africaines. Si la conjoncture est moins favorable qu’en 2010, lors de la première publication, le cabinet continue de plaider pour le potentiel africain tout en préconisant certaines réformes.

Le Nigeria est officiellement entré en récession

Sunday Alamba/AP/SIPA

File d'attente à une station-service d'Abuja, capitale du Nigeria, le 1er avril 2016. © Sunday Alamba/AP/SIPA

« Au deuxième trimestre de 2016, le produit intérieur brut (PIB) réel du Nigeria a diminué de -2,06% (sur un an) », a indiqué le Bureau national des Statistiques (NBS) dans un rapport rendu public le 31 août. Le pays le plus peuplé d’Afrique souffre de la faiblesse des cours du pétrole, de la dévaluation de la monnaie nationale, le naira, et d’une inflation à son plus haut niveau en 11 ans.

La Banque mondiale table désormais sur la plus faible croissance depuis 20 ans

Vincent Fournier/JA

Réunion pour la levée de fonds publics et privés en vue du financement du Programme National de Développement (PND) de la Côte d'Ivoire au siège parisien de la Banque Mondiale, en présence du Premier ministre Daniel Kablan Duncan et du secrétariat de la présidence ivoirienne, à Paris le 17 mai 2016. © Vincent Fournier/JA

En choisissant de porter sa prévision de croissance pour l’Afrique subsaharienne à +1,6% en 2016, la Banque mondiale s’est alignée jeudi 29 septembre sur le fonds monétaire international qui avait lui aussi divisé de moitié sa prévision mi-juillet pour la ramener exactement à +1,6% également.

Accord préliminaire de l’Égypte avec le FMI pour un prêt de 12 milliards de dollars

Itsuo Inouye/AP/SIPA

Vue du logo du Fonds monétaire international. © Itsuo Inouye/AP/SIPA

Les équipes du Fonds monétaire international ont trouvé jeudi 11 août un accord préliminaire avec le gouvernement égyptien pour un prêt d’environ 12 milliards de dollars. Les autorités du Caire s’engagent notamment à suivre une « politique budgétaire [visant] à placer la dette publique sur une trajectoire clairement décroissante vers des niveaux plus durables ». Durant la période couverte par cet accord, le gouvernement s’engage à faire baisser la dette des administrations publiques de 98% du PIB en 15-16 à environ 88% du PIB en 2018-19.

Isabel dos Santos prend la tête de la compagnie pétrolière angolaise Sonangol

Wikipedia Commons

Isabel dos Santos est la fille de l'ancien président angolais Eduardo dos Santos. Sa fortune est estimée à plus de 3 milliards de dollars par le magazine américain Forbes. © Wikipedia Commons

Le président angolais José Eduardo dos Santos a nommé le 3 juin sa fille, la milliardaire Isabel dos Santos, présidente du conseil d’administration de la compagnie nationale des hydrocarbures Sonangol. Âgée de 43 ans, Isabel dos Santos dispose d’une fortune estimée à plus de 3 milliards de dollars selon le magazine américain Forbes. C’est l’un des investisseurs les plus puissants de la place de Lisbonne et la femme la plus riche du continent africain.

Un écolo nigérian à la tête de l’Opep

 Jon Gambrell/AP/SIPA

Mohammad Sanusi Barkindo lors d'un discours le 7 novembre 2016. © Jon Gambrell/AP/SIPA

Les treize pays membres de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep) ont désigné, le 2 juin, le Nigérian Mohammed Sanussi Barkindo pour succéder le 1er août au secrétaire général de l’organisation, le Libyen Abdallah Salem el-Badri, pour un mandat de trois ans. Lui-même est un pétrolier confirmé, puisqu’il a travaillé durant une vingtaine d’années au sein de la Nigerian National Petroleum Corporation (NNPC). Il en a même été à la tête entre 2009 et 2010.

Fin d’un conflit de trois entre Thierry Tanoh et Ecobank

Bruno LEVY pour Jeune Afrique.

Thierry Tanoh, directeur général d'Ecobank, chez RFI. Le 6 septembre 2013. © Bruno LEVY pour Jeune Afrique.

Ecobank, son actionnaire sud-africain Public Investment Corporation (PIC) et Thierry Tanoh — le secrétaire général de la présidence ivoirienne — ont annoncé le 19 février avoir signé la veille un « accord de règlement amiable des différends qui les opposent depuis 2013. D’après les informations recueillies par Jeune Afrique, le groupe bancaire panafricain versera 12 millions de dollars (près de 11 millions d’euros) à celui qui fut, de juillet 2012 au 11 mars 2014, son directeur général, après plus d’une décennie à la Société financière internationale (IFC, Groupe Banque mondiale).