Santé

Ebola : un premier vaccin « jusqu’à 100% » efficace, selon l’OMS

Des travailleurs de la santé se nettoient les mains après avoir été en contact avec un patient atteint d'Ebola, à Monrovia, au LIberia, le 30 juin 2015. © Abbas Dulleh/AP/SIPA

L'Organisation mondiale de la Santé (OMS) a déclaré vendredi que le vaccin contre Ebola, qui a fait près de 11 300 morts, est efficace "jusqu'à 100%". C'est le premier vaccin anti-Ebola démontrant une telle efficacité.

Les résultats finaux de l’essai conduit par l’OMS avec le ministère canadien et des partenaires internationaux ont été publiés vendredi 23 décembre dans la revue The Lancet. Ils montrent qu’il n’y a eu aucun cas d’Ebola parmi les quelque 6 000 personnes qui ont reçu ce vaccin l’an dernier en Guinée contre 23 dans le groupe des non vaccinées.

« Cela suggère fortement que le vaccin est très efficace et pourrait avoir une efficacité jusqu’à 100% », a déclaré à l’AFP le docteur Marie-Paule Kieny, sous-directrice générale à l’OMS. En effet, le vaccin rVSV-ZEBOV présente une efficacité de 100% au cours des 10 jours suivant son administration par l’injection intramusculaire d’une dose chez une personne non infectée mais en contact avec des malades.

S’il y avait un cas d’Ebola et une nouvelle épidémie, nous sommes maintenant prêts à y répondre

L’équipe de chercheurs a calculé qu’en cas de pleine épidémie, il y a 90% de chances que le vaccin, baptisé rVSV-ZEBOV, soit à plus de 80% efficace. « S’il y avait un cas d’Ebola et une nouvelle épidémie, nous sommes maintenant prêts à y répondre », a assuré le docteur Kieny.

Cet essai avait été conduit dans la région côtière de Basse Guinée, qui enregistrait encore des cas d’Ebola quand il a été lancé en 2015. Il a été mené selon une méthode dite de vaccination « en anneaux » – c’est-à-dire de cercles ou groupes de gens en contact avec un malade, d’abord des proches, puis des sujets qui ont été contacts avec eux et ainsi de suite – qui a été utilisée pour éradiquer la variole.

Après la fin de l’essai, il y avait eu quelques cas en Guinée, ainsi qu’en Sierra Leone, et l’équipe avait utilisé la même stratégie : la vaccination des contacts de contacts, avec l’autorisation de la FDA (US Food & Drug Administration) d’utiliser le vaccin en dehors d’un essai clinique, a expliqué Marie-Paule Kieny.

Commercialisation en 2018

Le vaccin baptisé rVSV-ZEBOV et dont le laboratoire américain Merck a acquis les droits de commercialisation pourrait être enregistré en 2018, après soumission du dossier aux autorités américaines (FDA) et européennes (EMA), s’est félicité Marie-Paule Kieny, puisque habituellement, « le processus d’approbation standard est d’une décennie, voire plus ».

En cas de flambée d’Ebola avant la commercialisation du vaccin, 300 000 doses d’urgence, grâce à un accord entre l’Alliance pour les Vaccins-GAVI et Merck, pourraient être livrées, et leur nombre pourrait atteindre assez rapidement le million.

D’autres vaccins seront nécessaires

« Avec le vaccin Merck, la protection intervient très tôt après la vaccination, mais nous ne savons pas si elle durera encore six mois après », a relevé le docteur Kieny. Ainsi, d’autres vaccins seront nécessaires, notamment pour les soignants, dont il faudra s’assurer qu’ils seront protégés sur une longue durée. Plusieurs sont actuellement en développement, notamment un vaccin contre la souche Soudan, une autre que celle dite Zaïre qui sévissait en Afrique de l’Ouest.

Par ailleurs, deux effets indésirables « graves » liés à la vaccination ont été relevés – une réaction fébrile et une allergique – et un troisième qualifié de possible – syndrome grippal – mais avec un rétablissement dans les trois cas, sans effet à long terme. Initialement exclus de l’essai, les enfants de plus de 6 ans en ont ensuite bénéficié. Mais il reste à déterminer son éventuel niveau de dangerosité pour les femmes enceintes et les plus petits.

Depuis mars 2016, l’épidémie d’Ebola en Afrique de l’Ouest ne constitue plus une « urgence de santé internationale ». Partie du sud de la Guinée fin 2013, la récente épidémie a été la plus grave depuis l’identification du virus en Afrique centrale en 1976, avec plus de 28 000 cas recensés dont plus de 11 300 décès.

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