Ouganda : réduire l’absentéisme scolaire des filles avec des serviettes hygiéniques gratuites

Par Jeune Afrique avec AFP

Une fillette écrit sur un cahier pendant la classe, en Ouganda, en avril 2008. © Matt Lucht/CC/Flickr

Plusieurs établissements scolaires en Ouganda sont parvenus à réduire l'absentéisme scolaire des filles grâce à des cours d'éducation sexuelle ou en leur fournissant des serviettes hygiéniques, voire les deux, révèle une étude britannique publiée ce mercredi aux États-Unis.

Des chercheurs de l’Université d’Oxford ont démontré que dans les écoles qui n’offraient pas ces services gratuits, les niveaux d’absentéisme étaient 17% plus élevés en moyenne sur une période type de 18 mois. Cela représente trois jours et demi par mois d’absence en classe.

Ces résultats, publiés mercredi 21 décembre dans la revue Plos One, s’appuient sur une étude portant sur un milliers de jeunes filles scolarisées dans l’un des districts les plus pauvres d’Ouganda, en zone rurale, où la proportion d’enfants abandonnant l’école et le taux d’analphabétisme sont parmi les plus élevés au monde.

Un moment de « honte »

Cette étude montre que la plupart des jeunes filles ougandaises utilisent des vêtements absorbants pendant leurs règles, mais que parfois elles n’en ont pas en quantité suffisante. Les adolescentes estiment par ailleurs que ces sous-vêtements ne sont pas suffisamment absorbants et difficiles à faire tenir ou à changer, précisent les auteurs.

Ils relèvent par ailleurs qu’un grand nombre de jeunes filles ne savent rien de la menstruation jusqu’à leurs premières règles.

Des études précédentes avaient déjà montré que dans un grand nombre de pays en développement, la menstruation est souvent perçue comme une cause d’ « embarras » voire de « honte ».

Retombées économiques et sociales à long terme

Pour les chercheurs, ces résultats sont importants vu le montant alloué par les gouvernements et les organismes internationaux à l’éducation sexuelle et aux serviettes et tampons hygiéniques pour les jeunes filles dans les pays en développement.

Cela conforte l’idée que cette approche améliore l’éducation des filles et des femmes en dopant leur estime de soi et leurs perspectives d’emplois et que de simples mesures comme celles-ci peuvent avoir des retombées économiques et sociales à long terme.